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par @FrancoisChe

Snatch Magazine : “On bosse comme des chiens depuis 5 ans”

Snatch Magazine : “On bosse comme des chiens depuis 5 ans”

Après 20 numéros en tant que bimestriel, le magazine Snatch devient mensuel. Pas de révolution éditoriale en vue, mais une volonté de raconter des histoires sans forcément coller à l'actualité et d'imposer un ton passionné. Une démarche louable qui rappelle la ligne d'un canard comme So Foot. En ces temps de sinistrose médiatique, le propos est rafraîchissant, concernant l'avenir de la presse écrite indé.
Entretien avec Raphael Malkin, rédacteur en chef adjoint.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de changer de formule ?
Raphäel Malkin : En passant mensuel, on cherche surtout à imprimer un peu plus notre esprit dans celui de ceux qui nous lisent. Il s'agit d'être plus impactant, d'être plus en accord avec le temps qui passe. On avait l'impression d'avoir fait le tour avec le bimestriel, et que cette formule ne nous permettait pas de nous imposer comme un véritable référent pour les lecteurs. En étant là de manière plus régulière, on espère que le lecteur vivra avec nous. On à envie de s'afficher en marqueur. Cela dit, rien ne change vraiment sur le fond : on continue à publier de longs papiers sur des sujets non liés à l'actualité. L'idée, c'est juste de raconter de bonnes histoires de non-fiction qui peuvent ensuite nourrir l'imaginaire de notre lectorat.

Quelle est la meilleure façon de résumer Snatch ?
RM : Nous mêmes n'avons jamais vraiment été capables de résumer de manière sommaire l'objet sur lequel nous bossons. Disons que c'est une publication qui cherche à parler aux gens d'une génération, les 20-35 ans, et, comme je le disais, de leur faire découvrir des histoires, de bons ou de méchants, des récits de parcours, de vie, de carrière incroyables, sous différents formats. Ici, on se fiche des brèves, des interviews promos, et des reportages ficelés avec deux quotes. Ce que l'on aime, ce sont les grands sujets.

Dans ce nouveau numéro, quels sont les papiers sur lesquels il faut se jeter ? Pourquoi ?
RM : À peu près tous. Il y a là un sommaire qui résume l'essence du magazine. Un portrait hyper sourcé de Bill Murray, pour lequel on a parlé à une dizaine d'intervenants connaisant le bonhomme, ainsi qu'à lui-même. Ou encore une grande histoire orale du film « Ma 6-t va crack-er », avec une série d'interviews qui détaillent la construction du projet et ce que le destin à réservé aux acteurs. Où l'on apprend notamment que Jean-François Richet, connu plus tard pour avoir réalisé le biopic sur Mesrine, n'a pas été très cool avec des gamins à qui il avait promis beaucoup.

Le paysage de la presse écrite française est moribond, c'est quoi le secret de Snatch pour survivre ?
RM : Pas de secret. On bosse comme des chiens depuis cinq ans. On a commencé dans une chambre de bonne, on ne s'est pas payé pendant trois ans, on ne compte pas nos week-end entiers passés à plancher, écrire et réfléchir. On mouline sans arrêt. Et puis on a trouvé des manières de décliner notre façon de faire, pour d'autres supports et plateformes.

Quels sont les magazines et les sites que vous lisez aujourd'hui ?
RM : On a tous des références différentes. Certains sont branchés web, d'autres sont férus de presse anglo-saxonne, entre le New York Mag et Esquire, certains ne lisent rien, certains ne parlent que de photo. Snatch est un agrégat de beaucoup de choses. C'est une tambouille toujours en train de « tambouiller ».

Snatch Magazine, disponible dans toutes les bonnes épiceries en version papier et en digital : snatch-mag.com.

Photo : capture d'écran du film Ma 6-t va crack-er

Propos recueillis par François Chevalier