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par @FrancoisChe

Vintage Hoops : Jason Williams, ce petit génie de la passe à la gueule d'ange

Vintage Hoops : Jason Williams, ce petit génie de la passe à la gueule d'ange

Le meneur de jeu né à Charleston (Virginie) a fait le bonheur des Kings de Sacramento à la fin des années 90. La NBA lui rend hommage avec un Top 10 de ses plus belles passes sous le maillot de la franchisse californienne. Rappel des faits.

Lorsque le meneur de jeu des Gators de Florida en NCAA débarque dans la grande ligue professionnelle américaine en 1998, les observateurs ne donnent pas cher de ses chances de réussite. Et pour cause, ce physique d'adolescent proche de Ricky Stratton dans Silver Spoons et son visage de premier de la classe ne plaident pas en la faveur du jeune homme de 22 ans. Mais ne vous fiez pas aux apparences, Jason Williams est un bad guy : pour preuve, il vient de se faire serrer par la police pour possession de marijuana. Après avoir purgé une suspension, il s'inscrit à la Draft, sans trop de convictions.

Une Machine à highlights

Il faut dire qu'il ne correspond pas au standards bodybuildés de l'époque. A la veille du lock-out de 1999 et de l'avènement d'un certain Kobe Bryant, les équipes dominantes en NBA ont pour nom le Heat de Miami, le Jazz d'Utah et les Knicks de New York. Des franchises dopées à la musculation qui développent un jeu ultra-physique dans la raquette. Les stars sont Karl Malone, Alonzo Mourning, Patrick Ewing et Shaquille O'Neal (qui évolue aux Lakers). Mais suite au retrait de His Airness, David Stern aimerait bien dénicher une « machine à highlights » susceptible de séduire au-delà des frontières du nouveau continent. C'est dans ce contexte que Jason Williams pointe le bout de son nez.
Dans une équipe en pleine reconstruction, suite au départ du futur Hall of famer et franchise player Mitch Richmond, en échange de Chris Webber. Dans le même temps, les Serbes Vlade Divac et Pedrag Stojakovic débarquent, sous les ordres de Rick Adelman. Un coach pas réputé pour faire confiance aux Européens (remember Drazen Petrovic ?). L'assemblage est plutôt improbable sur le papier. Pourtant, les Kings vont pratiquer l'un des jeux les plus ambitieux et attractifs jamais vus en NBA. La recette ? Des joueurs intelligents tournés vers le collectif, de l'adresse et un passing-game millimétré.

Un génie créatif comparé à Pistol Pete Maravich

Un registre qu'affectionne Jason Williams, qui distribue les caviars au poste 1, déjouant les pronostics des scouts. La vision du jeu de Williams est exceptionnelle. Pas du tout intimidé, l'ex-Gator fait preuve d'un sang-froid remarquable pour son gabarit (1,85m sous la toise). L'Américain squatte les Top 10 et fait des émules : le commentateur d'une chaîne locale le compare immédiatement à Pete Maravich. Moins fort au scoring que son ainé légendaire, « White Chocolate » (son surnom) compile les passes dans le dos et les actions de génie. En quelques mois, il devient la coqueluche de Sacramento et son maillot est l'un des plus vendus en NBA. Les kids raffolent de son jeu instinctif et créatif.
Les dirigeants californiens sont ravis de coup de projecteur inattendu mais en ont assez de se faire éliminer rapidement en playoffs. Après 3 années au service du beau jeu, Williams est échangé contre Mike Bibby, en provenance de Memphis durant l'intersaison 2001. Il effectuera une honnête carrière, ponctuée par un titre de champion avec Miami (2006). Parmi nos actions préférées, on retiendra le cross-over sur Gary Payton ou encore son incroyable passe aveugle avec le coude lors du All-star game 2000 organisé à Oakland. Cette quiche de Raef Lafrentz n'avait rien compris.

Les plus belles passes de Jason Williams à Sacramento


Texte par François Chevalier