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par @FrancoisChe

Rockyrama : “Le drame de John Carpenter est d'avoir été découvert en VHS”

Rockyrama : “Le drame de John Carpenter est d'avoir été découvert en VHS”

Rockyrama consacre 40 pages de son nouveau numéro print à John Carpenter. Réalisateur américain complètement culte, maître absolu de la SF et auteur de nombreux films essentiels comme Christine, Escape From New York, L'Antre de la Folie... Pour saluer cette excellente initiative, on a posé quelques questions à Lindsay Johan, le rédac chef du magazine de pop culture.

Pourquoi consacrer un numéro à John Carpenter ?
Lindsay Johan : Parce qu’il est le dernier de son espèce. Le système cinématographique tel qu’il fonctionne aujourd’hui ne permet plus l’émergence de ce genre de réalisateur frondeur. Avec la disparition des films middle budget, il n’est plus possible de réaliser des films comme Jack Burton ou encore The Thing. C’est triste. On avait donc envie de mettre en avant John Carpenter qui est un emblème, un personnage hors du commun. Il représente assez bien l’idée que l’on se fait du cinéma.

Selon toi, pour quelles raisons, Carpenter continue de fasciner des générations de cinéphiles ?
Pour les raisons citées plus haut. Il est parvenu à devenir culte et populaire sans trop de compromis. Et les rares fois où il a voulu jouer le jeu des studios, ça n’a pas payé. Il ne faut quand même pas oublier que c’est un immense réalisateur. Avec une vraie science du cadrage héritée des western en cinemascope. C’est l’autre drame de ce réalisateur : avoir été découvert en K7 video, sur des téléviseurs 4/3, avec une image recadrée bien souvent, alors que tout était fait pour voir ses films sur grand écran.

Etait-ce compliqué d'obtenir une interview de Carpenter ?
Pas réellement. Il a suffit de quelques mails et le rendez-vous était pris à Los Angeles, chez lui. Le personnage est d’abord craintif, et après quelques blagues l’atmosphère s’est rapidement détendue et c’est devenu très sympathique comme ambiance.

Qu'as tu appris du personnage en recueillant des témoignages de journalistes et d'artistes ?
Ils sont nombreux à vouer un véritable culte à « Big John ». Il n’est pas compliqué de trouver des gens pour parler de lui, il exerce une véritable attraction. Notamment en musique où il est surement plus cité qu’au cinéma.

Carpenter n'a réalisé que deux films depuis 2001 (Ghosts of Mars et The Ward). Comment expliquer cette discrétion ?
Parce que personne ne lui donne de budget pour réaliser ses films, tout simplement. Du coup il se consacre à son autre passion : les jeux vidéos.

Chez Rockyrama, quel est votre long métrage préféré du réalisateur ?
Ça se joue entre deux films. Escape From New York a vu naitre une véritable icone : Snake Plissken. Le décor du film est fabuleux, Manhattan n’est plus qu’une prison et c’est fascinant de noirceur, sans issue. Et que dire de la musique…
Ensuite The Thing parce que c’est un formidable film d’horreur et de science fiction. Et Ennio Morricone est à la baguette pour la bande originale, ça ajoute encore au culte qui entoure le film. En film bonus, j'ajouterais Jack Burton, c’est notre chouchou. Pas forcément le meilleur d’un point de vue cinématographique, mais c'est le plus fun. Les répliques sont cultes, l’univers est incroyable, c’est Indiana Jones chez Carpenter. Voilà pourquoi on consacre au film plusieurs pages dont une interview de Jack Burton en personne. Ah tiens, quand je réfléchis, Kurt Russel joue dans ces trois films...

Rockyrama « Cult of Carpenter », disponible seul ou en version collector (+ vinyle) sur le site du mag. En kiosques et librairies à partir du 4 juin.