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par @FrancoisChe

Docu : l'émergence du graffiti et du street art en Russie

Docu : l'émergence du graffiti et du street art en Russie

Les Français Nicolas Delpeyrou et Vasco Lopez sont les coréalisateurs de Red Vaporz, un reportage sur le writing au pays de Vladimir Poutine, où malgré les difficultés liées au contexte politique, la discipline est en plein essor. Pour en savoir plus sur la genèse de ce webdoc, le duo a répondu aux questions du Courrier de Russie. Morceaux choisis.

Dans le film, on entend dire qu’il n’y a pas réellement de street art en Russie. Qu’en pensez-vous ?
Vasco : C’est notamment l’opinion de Dima Oskes, organisateur du festival Faces & Laces de Moscou et l’un des premiers graffeurs de la ville. Je pense qu’il a dit ça sous le coup de l’émotion et qu’il n’a pas forcément une vue globale de la scène russe. À mon avis, il voulait aussi dire que c’est un moyen d’expression encore peu connu dans ce pays, et que les principaux street artistes se basent largement sur ce qui se fait en Occident. Mais au cours de notre voyage, nous avons rencontré beaucoup d’artistes engagés à la fois dans le message qu’ils diffusent et dans l’esthétique de leur travail. Je suis persuadé qu’ils vont peu à peu trouver leurs marques et réussir à faire du street-art « à la russe ».
Nicolas : Je dirais simplement qu’il y a peu de street art en Russie – mais en réalité, comme partout ailleurs. Pour moi, le street art doit rester illégal, vandale. Que ce soit beau ou laid, ça doit porter un message, et pas forcément politique. Les gens confondent trop souvent le street art avec le muralisme, qui se résume généralement à des œuvres commandées, légales et payées.

Est-ce à dire qu’il n’y a toujours pas de « style russe » ?
Vasco : Comme je l’ai dit, le style russe est encore peu présent dans les productions actuelles, même si on voit de nombreux artistes utiliser le cyrillique ou d’autres codes qui font référence à leur culture.
Nicolas : Seuls certains « muralistes » russes, tels Vitae Viazi ou Mednoy, essaient de conserver une touche russe, en utilisant le cyrillique, par exemple, ou en puisant dans la tradition de l’art monumental russe.

En quoi un graffeur russe est-il différent d’un graffeur français ou européen ?
Nicolas : La plupart des graffeurs se ressemblent. Qu’ils soient russes, chinois, français ou américains, ils font pratiquement tous la même chose.
Vasco : Le message est souvent le même. Simplement, en Russie, les sanctions sont plus sévères.

Lire la suite de l'entretien réalisé par le Courrier de Russie.

Le docu en intégralité