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par @FrancoisChe

Pédale! : “Pour Armstrong, on s’est demandé à quel moment Anakin devient Dark Vador”

Pédale! : “Pour Armstrong, on s’est demandé à quel moment Anakin devient Dark Vador”

Chaque été, avant le Tour de France, So Foot publie un hors-série dédié au vélo. Pour son dernier numéro, Pédale! lâche un gros papier sur Lance Armstrong. Deux journalistes du canard ont enquêté sur le passé trouble du coureur déchu.
Nous avons posé quelques questions à Alexandre Pedro, rédacteur en chef du titre, pour en savoir plus sur ce choix éditorial pas anodin.

Traditionnellement, ce sont des coureurs en activité qui font la couv'. Pourquoi cette entorse au règlement ?
Alexandre Pedro : On a un temps envisagé de mettre le coureur slovaque Peter Sagan en couverture. Un type qui apporte une certaine décontraction au cyclisme et qui n’a pas encore montré tout son talent, mais l’affaire n’a pas pu se réaliser. Armstrong s’est très vite imposé comme un choix évident. Il est le personnage le plus important de ce sport sur ces 20 dernières années et un type fascinant quoi qu’on en pense.

Dans ce papier, on se rend compte que le jeune Armstrong, bien avant sa maladie, possédait déjà les gènes d'un prédateur...
AP : Le but de notre papier n’était pas de reparler de dopage, mais d’expliquer comment on devient Lance Armstrong. Et pour répondre à la question, on a repris l’histoire dès le début en retournant au Texas, où il a passé toute sa jeunesse.

Lance Armstrong, c'est un peu le Walter White du cyclisme. Un cancer, une rémission, la dope et un mec qui se révèle être un stratège sans foi ni loi...
AP : Walter Whithe est un type honnête à la base qui devient une ordure au fil des saisons. Pour Armstrong, on s’est demandé à quel moment Anakin devient Dark Vador. Sauf qu’à y regarder de plus près, on voit qu’il a été Vador assez rapidement. Armstrong, c’est l’histoire d’un mec qui ne croit qu’en lui. Il est à la fois très américain et pas du tout. Par exemple, on ne l’a jamais entendu remercier Dieu pour avoir survécu à son cancer. En France, on a toujours eu l’image de lui d’un pur texan. Il est par certains côtés, mais il a aussi fui sa banlieue pavillonnaire pour s’installer à Austin - la ville la plus libérale du Texas - dès qu’il en a eu l’occasion.


Pédale! : un magazine de drogués.

Le vélo, peut-être même plus que le foot, fourmille d'histoires et de destins exceptionnels. Comment l'expliques-tu ?
AP : Je pense qu’il faut flirter avec une certaine folie pour devenir cycliste de haut-niveau. Quoi qu’on dise sur le dopage, les coureurs dépassent les limites humaines. Il faut une certaine dose de masochisme pour s’imposer ça. Après le vélo, à la différence du foot, a gardé une certaine dimension humaine. Les champions sont plus accessibles, ils se livrent plus quand on les interroge. On en est presque surpris à chaque entretien. Quand Miguel Martinez nous raconte ses rapports avec son père ou qu’il nous dit qu’il ne mangeait plus à sa faim quand il était presque ruiné, c’est très fort humainement.

Y-a-t-il un autre sport qui mériterait une déclinaison de So Foot ?
AP : Pour l’instant, on n’a pas les moyens humains et l’envie de se lancer dans une nouvelle déclinaison. Il n’y a jamais eu l’idée de créer des franchises So Foot. Pédale! est né d’un coup de tête et d’un amour d’une partie de la rédaction pour le vélo. On avait proposé un petit hors-série rugby en 2007 et on me demande souvent si on va reproduire l’expérience. Sans doute parce que je suis né à Toulouse. Le problème, c’est que je risque de me retrouver un peu seul sur ce coup-là. Dans les prochains mois, on va surtout rester focaliser sur la naissance de notre quinzomadaire société. On pourra toujours y traiter d’autres sports à l’intérieur.

So Foot Hors-série Pédale! numéro 4, disponible en kiosques. 5€.


Propos recueillis par François Chevalier