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par @FrancoisChe

Équipe de France de basket : quels sont les 5 plus grands exploits de la génération Parker ?

Équipe de France de basket : quels sont les 5 plus grands exploits de la génération Parker ?

A quelques heures d'affronter la montagne serbe en demi-finale du Mondial 2014, retour sur les matches de légende d'une équipe de France qui n'en finit plus de surprendre. Après des années de frustration, la « génération 82 » menée par Tony Parker démontre qu'elle est la plus performante de toute l'histoire du basket français. Les Bleus se permettent le luxe de gagner sans leur leader naturel. Au point de défier Team USA en finale ? Sky is the limit.

UPDATE : Les Bleus (médaillés de bronze au Mondial) participent aujourd'hui à une séance de dédicaces, au 1er étage de l'Adidas store des Champs-Elysées, de 16h à 17h.

5. Croatie - France 64-65 (Finale Euro U18 2000, Zadar)

Le contexte : L'acte fondateur de la génération Parker. Formés à l'INSEP vers la fin des années 90, Boris Diaw et son pote Tony sont inséparables. Le 23 juillet 2000, soit deux mois avant que les séniors ne ramènent une breloque de Sydney, les deux copains contractent définitivement le virus « Équipe de France » en battant les juniors croates sur leur propre terrain.
Le match : serré du début à la fin dans une ambiance est irrespirable. Poussé par 5000 fans, les locaux ne lâchent rien. Il faudra une prolongation et un panier rocambolesque de Ronny Turiaf pour que les hommes de Pierre Vincent viennent à bout des Popovich, Planinic et autre Loncar. Pour le tandem Parker / Diaw, la période estivale sera désormais réservée au maillot bleu.

4. Grèce - France 56-64 (quart de finale Euro 2011, Kaunas)

Le contexte : Sur le papier, il s'agit sans doute de la plus forte équipe de France de tous les temps. Sous les paniers, Joakim Noah dégage une puissance folle et apporte ce petit supplément d'âme qui permet à ses coéquipiers de ne jamais douter. Kevin Séraphin et l'inoxidable Flo Pietrus complètent cette raquette XXL au niveau européen. En matches de poule, le roster de Vincent Collet écrase tout sur son passage (Serbie, Lituanie...) et emmagasine de la confiance.
En quart de finale, la France hérite de sa bête noire. Parker & co ont en tête cette cauchemardesque défaite en demi-finale de l'Euro 2005 lorsque les Bleus menaient de sept points à 40 secondes du buzzer. Le shoot assassin de ce diable de Diamantidis est d'ailleurs à l'origine de ce douloureux néologisme : « grecquification ».
Le match : Le début de rencontre est irrespirable pour les tricolores. Malmenée, la bande à TP semble à la ramasse et on s'imagine déjà le pire à la fin du 1er quart-temps. Mais les Bleus s'accrochent et restent au contact, propulsés par un Noah mort de faim, qui écrabouille un dunk monumental sur la tronche de Bourousis. Au terme d'un match moche mais engagé, les Bleus l'emportent aux forceps grâce à des gros shoots de sa base arrière (Batum, Gélabale, De Colo). Une victoire qui symbolise le nouvel état d'esprit de l'EDF qui ne lâche rien. Avant, la France aurait perdu ce match, mais ça, c'était avant.

3. France - Espagne 75-72 (demi-finale Euro 2013, Ljubljana)

Le contexte : forcément différent par rapport à 2011. Noah a été remplacé par Ajinca qui sans démériter, n'a pas la même influence que le pivot des Bulls. Les cadres (TP, Diaw, Flo. Pietrus, Gelabale) sont là mais la France entame son tournoi sans rythme, avec une vilaine défaite contre des Allemands, pourtant privés de Nowitzki. En fait, les « Collet boys » ont un plan : monter en puissance au fil de l'Euro, sans se griller. Et ça se vérifie dès le quart de finale face à la Slovénie, le pays hôte coaché par la légende serbe Bozidar Maljković. Parker est héroïque et porte l'équipe sur ses épaules au scoring. Comme de bien entendu, l'EDF retrouve son meilleur ennemi en demi. Une équipe d'Espagne au sommet de son art qu'elle n'a plus battu depuis huit rencontres.
Le match : Vincent Collet prépare une mission commando. Le sélectionneur veut briser cette série noire et en a assez de se faire sortir par cette satanée « Roja », double tenante du titre continental, qui se présente sans ses ninos de oro, Pau Gasol et Jean-Charles de Navarre. Comme d'habitude, les Bleus se font rentrer dedans par des tapas agressifs et arrogants. A la mi-temps, le score est sans appel : - 14. Seul TP surnage et pique un coup de gueule mémorable dans les vestiaires. C'est le tournant. De retour sur le terrain, les mecs sont remontés comme des pendules et réalisent la plus belle mi-temps de l'histoire du basket français. Au terme d'une prolongation homérique, Antoine Diot crucifie les ibériques sur la ligne des lancers francs. Le signe indien est vaincu. Les Bleus sont en route vers le titre.

2. Serbie - France 71-74 (Play-off Euro 2005, Novi Sad)

Le contexte : un 1er tour mal négocié et une équipe dirigée par un Palois en perfecto qui porte le bouc. C'est mal barré. D'autant que la France tombe dans un traquenard : un match de barrage éliminatoire contre la meilleure équipe du début des années 2000, dans l'enfer de Novi Sad. La Serbie, championne du monde en titre, est coachée par le plus grand technicien européen de tous les temps : Željko Obradović. Ce dernier a évidemment sélectionné toutes les stars disponibles : Bodiroga, Jaric, Tomasevic, Rakocevic... Mission impossible. La France a moins de chances de gagner ce match que Freddy Fauthoux de rester en vie dans les rues de Limoges. Le seul à y croire ? Cette vieille branche d'Antoine Rigaudeau. Le « Roi » de Bologne en a vu d'autres et il veut boucler sa carrière internationale en beauté.
Le match : les Bleus proposent un récital de basket collectif, une défense de fer et de l'intelligence de jeu. Tout ce qui manquait aux générations précédentes pour gagner. La formidable machine serbe s'enraye et commence à douter. Poussés par tout un peuple, les yougos n'ont pas le droit de perdre au pays du basket. Mais « Babac » sort la boîte à outils, TP score en pénétration tandis que Rigaudeau est précieux sur le tir primé. Le banc de touche est en apnée lorsque Flo Pietrus lâche une claquette salvatrice à quelques secondes du terme. Un authentique braquage. La victoire de référence avant Madrid 2014.

1. Espagne - France 52 - 65 (quart de finale Mondial 2014, Madrid)

Le contexte : la France débarque en Espagne sans son leader Tony Parker, laissé au repos en vue des échéances futures (Euro 2015 et JO 2016). Le meneur des Spurs, en accord avec le staff, veut se remettre d'une longue saison NBA ponctuée par un titre. C'est un tournoi de transition que les champions d'Europe 2013 abordent sans pression particulière. L'objectif de Collet : responsabiliser les plus jeunes (Lauvergne, Gobert, Fournier, Heurtel) et préparer l'après TP en confiant le leadership à Nicolas Batum. En quart, l'obstacle espagnol se dresse une nouvelle fois sur la route des frenchies qui n'ont jamais gagné lorsque Pau Gasol était sur la parquet. Comment faire trébucher cette invincible armada programmée pour vaincre Team USA ? Vincent Collet a (encore) un plan.
Le match : le quotidien espagnol Marca donne le ton et demande aux hommes d'Orenga de « marcher sur les Français ». Privés de leur leader naturel, les spécialistes ne donnent pas cher des tricolores. Mais les Bleus abordent le game dans la sérénité, galvanisés par l'annonce de la FIBA. La veille, ils ont appris que la phase finale de l'Euro 2015 aurait lieu à Lille. Dès le départ, Batman coupe toutes les lignes de passe avec ses longs segments, captain' Diaw s'occupe de tout et les intérieurs se relayent pour éteindre la tour de contrôle Gasol, en panne sèche. A la surprise générale, Rudy Gobert et Thomas Heurtel prennent leurs responsabilités. Parker doit se régaler devant sa télé... Les Espagnols font la gueule, à commencer par cette saloperie de Rudy Fernandez. L'EDF gagne sans trembler et ce n'est même pas un hold up. Une victoire majuscule.


Texte par François Chevalier