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par Mpy Was Here

“Mauvaises Filles” : dans l'intimité des maisons closes Françaises

“Mauvaises Filles” : dans l'intimité des maisons closes Françaises

Habituée aux publications de documents historiques ou de fiction traitant des sous-cultures, La Manufacture De Livres publie “Mauvaises Filles, Portraits de Prostituées” : une plongée photographique dans l'intimité des bordels français entre 1925 et 1935.

L'histoire commence dans les années 80 quand un vieux monsieur entre chez Alexandre Dupouy - libraire parisien - pour lui proposer sa collection personnelle de photos de jeunes femmes nues. Des centaines d'images dont « Monsieur X » n'a conservé que les tirages après avoir détruit les négatifs, autant de portraits loin d'images réalisées avec la participation de modèles amateurs ou non, mais bien de prostituées saisies dans l'intimité des maisons closes.

Elles s’appellent Fanfan, Mado, Suzy, Nenette et se sont laissées photographier pendant leur journée de labeur, scènes suggestives, portraits et scènes de la vie quotidienne, entracte reposant dans la vie des mauvaises filles de ces bordels qui incarnaient toute l'hypocrisie des mœurs bourgeoises de l'époque.
Désireux de ne laisser quelques tirages qu'à l’intention d’amateurs qui partagent ses goûts et à la condition expresse qu’on ne révèle jamais son identité, le photographe devint « Monsieur X » pour les collectionneurs.

C'est encore une des pensionnaires de ces « maisons » qui raconte le mieux le personnage que devait être Monsieur X :
« Depuis quelque temps, il y a du nouveau dans la maison. Un Monsieur qui vient nous voir régulièrement. Il a l'air très riche, toujours élégant et soigné, quoiqu'un peu âgé. Il entre discrètement, en nous saluant comme des vraies Dames. On se sentirait presque empotées avec nos corsets un peu élimés, nos chaussures aux talons boiteux et nos ongles jamais parfaits. On surveille notre langage, mais rien à faire, on est habitué à se parler comme des hommes, avec l'odeur du tabac sur la langue et tout. Ce qui est bien, avec ce Monsieur, c'est qu'on n'est jamais obligés de faire des choses un peu bizarres, comme avec certains autres. Ce qu'il veut, c'est nous prendre en photographie. »

Un livre dans la droite lignée du Mauvais Garçons (Portraits de tatoués, 1890 - 1930) ou encore Gang Story, deux ouvrages qu'on avait adoré et qui mettent en lumière certains aspects des sous-cultures historiques propre à la France.

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