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par @FrancoisChe

Tampon! : “Max Guazzini et Patrick Sébastien ont cassé les codes du rugby-cassoulet”

Tampon! : “Max Guazzini et Patrick Sébastien ont cassé les codes du rugby-cassoulet”

En plein tournoi des VI Nations, le magazine So Foot publie un hors série dédié au ballon ovale. L'occasion d'interroger le rédacteur en chef Alexandre Pedro sur les choix éditoriaux de ce second numéro au sommaire plutôt alléchant.

Après Pédale, So Foot lance un HS sur le rugby. Pourquoi l'ovalie ? Parce que comme le vélo, c'est un sport qui fourmille d'histoires hors du commun ?
On s’était essayé au rugby une première fois en 2007 avant la Coupe du monde, avec une sorte de petit hors-série incorporé dans So Foot. On a été très originaux avec Chabal en couv’. Curieusement, on nous en reparlait souvent et l’idée traînait dans les cartons. Notre nouveau directeur, Eric Karnbauer, est un fan de rugby aussi (comme tous les directeurs) et a porté le projet. Le rugby est sans doute le sport le plus suivi médiatiquement après le foot, mais on s’est dit qu’il y avait un espace pour un mag qui apporte un regard plus décalé, distancié, avec de la tendresse mais aussi de la critique. Un mag pour ceux qui aiment ou ont aimés le rugby. Après des histoires, il y en a dans tous les sports je pense. Je suis sûr qu’on pourrait aussi en trouver dans le saut à ski ou en tir à l’arc. Peut-être pas de là à produire un numéro par an…

Novès est un type capable de bouffer le cerveau de ses joueurs

On ne va pas spoiler tout le numéro 2 mais le choix de mettre Novès en couverture était une évidence, avec le tournoi. En quoi se démarque-t-il fondamentalement de PSA dans son management ?
Déjà par son palmarès. Quand tu as gagné dix boucliers de Brennus et quatre H Cup, les joueurs sont obligés de te respecter. Après, Novès est un type capable de bouffer le cerveau de ses joueurs, il est très fort dans ce rôle de manager. Pour avoir passé quatre heures avec lui, je me suis rendu compte du charisme du personnage, voire de sa folie. Et je crois qu’on en a besoin. Je pense qu’un Gatlhié connaît aussi bien le rugby que lui, mais humainement il ne fédère pas ou pas longtemps. Et puis Novès est un roi de la communication. On ne sait jamais s’il est sérieux ou s’il se fout du monde, mais il est très fort pour bluffer. Je ne sais pas si c’est voulu, mais je me marre quand je l’entends alors que tu avais l’impression que Saint-André venait annoncer la mort de son chien à chaque conférence de presse.

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Un autre sujet retient particulièrement notre attention, celui sur le stade Français des années Guazzini. On découvre un paquet d'anecdotes, notamment sur les méthodes peu orthodoxes de Laporte, alors jeune entraineur d'un club à l'ascension éclair. Objectivement, c'était un grand malade ?
La vie de Guazzini aussi est une folie. On parle d’un type qui dit avoir fait le séminaire, puis est devenu chanteur, secrétaire particulier de Dalida, avocat et numéro 2 de NRJ. Forcément, il a choisi des fous comme lui et à ce niveau, Laporte se pose là. Je n’ai pas une tendresse particulière pour l’homme, mais l’entraîneur force le respect. Il a pris une équipe composée de types dont plus personne ne voulait, des cas sociaux comme Serge Simon (qui parle d’une « galerie de monstres »), Vincent Moscato… et a été champion dès sa première année. Idem à Toulon. Il se ridiculise dans cette affaire de rachat du Stade Français par une fondation canadienne bidon et rebondit au RCT avec un autre malade, Mourad Boudjellal. Et là où PSA avait échoué, lui gagne tout. S’il devient président de la FFR, je suis assez impatient de voir sa cohabitation avec Novès.

L’impression que Saint-André venait annoncer la mort de son chien à chaque conférence de presse

Dans le même numéro, l'entretien avec Titou Lamaison fait écho à Guazzini puisqu'il y est question de Patrick Sébastien, un autre président de club pas mal attiré par les paillettes. Ces deux hommes ont-il changé le rugby ?
Guazzini et Sébastien ont cassé les codes du rugby-cassoulet, le côté bourgeois radical-socialiste. Ils avaient envie de choquer les bourgeois, chacun dans leur style. Je n’étais pas forcément un grand fan des shows de Guazzini au Stade de France, mais il tentait. Je préfère ça à ces présidents de Ligue 1 par exemple dont le seul objectif est d’avoir un budget en équilibre. Sébastien et lui n’ont pas construit dans la durée, mais ils ont gagné et au moins on s’est bien marré.

Un peu déçu de ne pas trouver de rubrique « baston » dans ce numéro. Néanmoins, vous évoquez avec Lamaison la fameuse bagarre entre Brive et Pontypridd. Avec les nouvelles règles, un tel scénario ne pourrait plus avoir lieu aujourd'hui ?
Dans le premier Tampon, on consacrait un dossier à la baston en expliquant qu’elle tendait à disparaître des terrains. Avant, il y avait des rivalités de clochers, quand un Narbonnais rencontrait un mec de Béziers, tu savais que ça allait partir en vrille au premier regroupement. Aujourd’hui, les joueurs viennent et s’en vont dans les clubs et la vidéo est là pour moucharder. J’aimais bien ce folklore – très français d’ailleurs – avec des mecs qui se mettent dessus et ne savent pas trop pourquoi. Je te rassure, je pense qu’on aura l’occasion d’en reparler dans un prochain numéro.

Allez, on se mouille un peu. Votre pronostic pour le tournoi des 6 Nations ?
Après le match nul entre les Gallois et les Irlandais, je vois bien l’Angleterre. Bien sûr, j’espère me tromper.

Tampon! - Hors série So Foot numéro 2. 6,50€. Le sommaire complet.


Propos recueillis par François Chevalier