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Ugly Mely : “La Air Max, c'était une paire de racailles !”

A force de porter des grosses paires, Ugly Mely s'est imposé comme un blog qui pèse dans le sneakers jeu. Une incongruité dans un milieu quasi exclusivement masculin. Au moment de fêter les 6 ans du site et la sortie de son livre “Sneakers”, nous avons rencontré une passionnée pour causer réseaux sociaux, Grant Hill et solutions de rangements.

A quel âge es-tu tombée dans le sneakers game ?
Très tôt, en portant des paires classiques achetées par mes parents. Mais c'est au primaire je me souviens encore de la paire qui a été le déclic : une Fila Grant Hill. Je l'ai tant voulu, attendu... Quand je l'ai eu, c'était indescriptible. Une fois arrivée au collège, je me suis intéressée de plus en plus aux sneakers de l'époque : Adidas Superstar et Stan Smith, Nike Cortez ou encore Puma Sprint.

Une anecdote au sujet de ta 1ère paire achetée ?
La première paire que j'ai acheté moi-même, avec mes sous, c'était une Air Max 90 Concord avec ma première paye d'un petit boulot que je faisais l'été. Je me souviens l'avoir trouvé pour une poignée de francs dans un Nike store en Allemagne. A l'époque, les Air Max c'était la paire de racailles mais le coloris Concord était parfait une fois portée par une fille.

Combien de paires possèdes-tu ? On imagine que c'est un casse-tête… Comment fais-tu pour choisir chaque matin ?
Ça commence à faire beaucoup je l'avoue, j'en laisse parfois chez mes parents quand je sais que je ne porterais plus la paire ou qu'elle est trop fragile. J'ai plus de 200 paires de baskets chez moi. Le matin parfois, c'est compliqué alors c'est du plouf plouf. Ou alors je prends une paire très confortable car je sais que la journée va être longue. Sinon le soir, je me couche souvent en sachant un peu ce que j'ai envie de mettre le lendemain car quelque chose dans la journée m'a fait penser à un modèle en particulier.

« Je me couche souvent en sachant quelle paire je vais mettre le lendemain »

As-tu aménagé une pièce spéciale dans ton appartement ? Comment procèdes-tu pour classer ?
J'ai emménagé dans un appartement qui me permet d'avoir une endroit spécial pour les ranger, j'ai un mur de baskets qui va bientôt être aménagé avec des étagères. Je classe les paires par marques, c'est plus simple pour retrouver facilement et les dernières paires acquises sont souvent dans le salon car je dois les prendre en photo.

Depuis quand ton blog existe-t-il ?
6 ans dans quelques jours et j'en reviens pas ! Je travaillais depuis un moment dans le luxe et j'avais envie de parler de ma passion pour la street culture quelque part. Il y avait déjà pas mal de blogs bien en place et je me suis dis : “Pourquoi pas moi ?”.

Peux-tu me définir la ligne éditoriale d'Ugly Mely ?
Il n'y en a pas vraiment, le seul point important c'est que c'est une ligne éditoriale personnelle. Personne ne prend la parole sur le blog. Sinon je ne vois pas l'intérêt de continuer. J'y parle des choses que j'apprécie, sans critique ni débat. Il y a peu, j'ai lancé le compte Instagram @babykickstagram et je m'amuse à poster des paires de sneakers taille bébé. Les détails apportés sur ces mini formats sont parfois fous !

Combien de temps ça te prend de bloguer, concrètement ?
Avant, je passais une heure tous les soirs. Maintenant, avec les différents projets et mon travail, j'y passe moins de temps car je partage beaucoup de chose avec mes lecteurs via Instagram. Mon vrai job me prend beaucoup de temps, c'est pourquoi le blog est moins animé en ce moment.

Une photo publiée par @babykickstagram le

Tu pratiques beaucoup les réseaux sociaux, quelle est selon toi la bonne méthode pour animer une communauté spécifique ?
Les réseaux sociaux et la façon de communiquer dessus sont un vrai travail, et c'est aujourd'hui mon quotidien dans une grande agence française. Selon moi, il faut être sincère et réactif. Proposer du contenu intéressant sur lequel les gens vous attendent, répondre à sa communauté et surtout ne pas s'arrêter d'alimenter ses réseaux en contenus. Etre vrai, parler de sa passion et ne pas s'y mettre juste parce que c'est la mode. Les gens le verront de suite !

Enfin, les filles sont peu visibles dans la sneakers communauté en France, comment l'expliques-tu ? Il y a pourtant beaucoup de filles qui s'intéressent et qui portent des grosses paires...
Je ne me l'explique pas. Je pense que c'est un effet de mode, et qu'au final c'est pas vraiment quelque chose qui les passionnent depuis assez longtemps, donc à force elles doivent peut-être se lasser et passer à autre chose.


Propos recueillis par François Chevalier