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Sourya : Numéro 1

Ne cherchez plus the next big thing outre-Manche, l’avenir du rock est français ! Dans une scène rock parisienne majoritairement influencée par le rock à papa dont l’écoute procure souvent autant d’émotion qu’un album de Bernard Minet (Naast, Plastiscines…), Sourya détonne.
Leur premier EP est une vraie claque, alternant les somptueuses balades pop (Sleeping Beauty, Numéro 1), comme les tubes rock (For Girls) avec une facilité déconcertante. Cette richesse de répertoire se confirme sur scène où le groupe jouit d’une solide réputation.

Street Tease : Comment est né Sourya ?
Sourya (guitare/chant) : J’avais des chansons que je voulais enregistrer sur un cd, j’avais un vieux quatre pistes à cassettes et Julien, un ordinateur. Au moment de faire les premiers concerts, j’ai demandé à Rudy de venir faire de la basse. Sur nos premiers concerts, on était trois, Julien s’occupait de la boîte à rythme, Rudy à la basse et moi même à la guitare et au chant. Après, on a cherché quelque chose d’un peu plus organique et avec plus de pêche car les chansons à guitare avec juste une boîte à rythme, c’est une ambiance un peu froide en live.
Rudy (basse) : On a donc cherché un batteur et on a rencontré Arnaud sur un forum asiatique, il est « asianophage(1) » (rires).
Arnaud (batteur) : Je jouais pour un autre groupe dont un morceau a été produit par Julien.
Rudy : Julien est notre Phil Spector, il a trop de casquettes ce mec !
Julien (guitariste/programmateur) : c’est pas vrai, je faisais les pizzas aussi...

"J’avais pensé à Klaxons mais j’ai trouvé ça abusé

Le nom du groupe est en fait ton prénom, c’est apparu comme une évidence ?
S : Parce que c’est moi le chef ! (rires)
A la base, c’était mes démos et on essayait de bien les jouer en live.
J : Au début, c’était un projet solo et puis c’est devenu un groupe, donc on allait pas changer.
Ensuite, on a fait trop de concerts au bar 3(2), on avait trop de notoriété et on pouvait plus changer de nom.
S : C’est super dur de trouver un nom de groupe qui claque, j’avais pensé à Klaxons mais je trouvais ça abusé. T’as pas vu le clip avec Julien ? (Julien, guitariste, ressemble à l’un des membres des Klaxons, ndlr)
La rencontre avec le label Coming Soon ?
S : On a fait une série de concerts et on cherchait un label pour sortir notre cd, il y a 2 ans.
J : Notre management partage les mêmes locaux que le label, on est sorti chez eux l’année dernière(3) et on va ressortir un minialbum en juin, normalement.
Pourquoi ce format maxi, dans un soucis d’efficacité ?
J : Sur le premier EP, on a fait aucune prise en studio, on l’avait enregistré à la maison, chez Sou. Par contre là, on a fait péter les studios.
S : Le matos vintage aussi, un réal, un ingé son, des cordes, une vraie production quoi, ce qui n’altère en rien le charme des nouvelles chansons.

"J’espère qu’on fera parti des meilleurs groupes du monde"

Avez-vous pensé à l’adaptation scénique des nouveaux morceaux ?
J : Si on veut faire la même chose, ça va être compliqué, il va falloir balancer des gros playback. Il va y avoir un travail de réarrangement.
S : On fait bien la distinction entre scène et studio, quand on a enregistré, on a surtout cherché à faire quelque chose de différent et pas de reproduire un son live.
Ce qui fait le charme de ce premier maxi, c’est la diversité des morceaux, une balade pop, une boucle électro, un morceau rock à guitare à la Franz Ferdinand… Est ce que ça vous choque si je cite ce groupe ?
S : C’est pas du tout dérangeant, au contraire. Je préfère sonner comme eux que comme Bloc Party, un groupe qui a des mégas singles mais dont les albums ne résistent pas à une écoute prolongée.
R : Quel est ce groupe ?
Malgré une structure très rock, votre son est résolument tourné vers l’avenir, certainement grâce cette petite touche électronique...
J : À Paris, les groupes sont tellement réac, dès que tu ramènes une mélodie et un synthé, tu sonnes moderne. Ça change un peu maintenant mais les quatre dernières années, il n’y avait que des groupes de garage.
Avez-vous le sentiment d’appartenir à cette scène rock parisienne ?
J : Je pense qu’on en fait partie, on a fait les premiers concerts au Bar 3. C’était assez rigolo, je posais mon pc sur la batterie et tout le monde regardait : « mais qu’est ce qu’il fait ce con ? il va jouer de la batterie ou quoi ? »
S : On est potes avec tous ces groupes qui jouent du garage mais c’est vrai qu’en terme de son, on a pas la même culture musicale.
Une ambition ultime ?
J : Avoir le frigo plein grâce à la musique.
S : À long terme, j’espère qu’on fera parti des meilleurs groupes du monde, tout en restant intègre.

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Droits Réservés

www.myspace.com/sourya

(1) Certainement un spécialiste en généalogie asiatique…
(2) Le fief de la scène rock parisienne
(3) Love Song, écoulé à 500 exemplaires