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Sébastien Schuller : Happiness

Sébastien Schuller prépare activement la suite d’Happiness, son bouleversant premier effort, un petit bijou d’électro pop, entre songwriting aérien et orchestrations frissonnantes. Un modèle du genre à caser dans la même catégorie que Give Up de Postal Service ou The Eraser de Thom Yorke. Au sortir d’une longue tournée et d’un travail de composition pour le cinéma, Sébastien Schuller apparaît plus serein et déterminé que jamais. La livraison de son nouvel opus est programmée pour le début de l’année 2008. Rencontre avec un artiste pop majeur.

Street Tease : Peux-tu nous parler ton parcours musical ?
Sébastien Schuller : Très tôt, enfant, j’ai commencé par les percussions, j’ai joué de la batterie dans différents groupes. Je suis passé par pas mal de chemins. J’étais fan de new wave, New Order et Depeche Mode étaient mes groupes préférés. Je n’ai pas échappé au phénomène techno, à l’avènement du trip hop, de Portishead à Archive.
Comment se fait-il que ton premier disque eut tant de difficultés à sortir ?
Le premier album m’a ouvert des portes, les complications étaient plus d’ordre personnel, en terme d’exigence, c’est toujours assez laborieux pour moi de finir un disque, d’écrire un morceau. C’est surtout une histoire de période, à l’époque, quand tu démarchais des labels, il fallait avoir une étiquette, ma musique n’était pas assez formatée, je ne rentrais pas dans une case. En plus, j’ai souvent la poisse sur scène, un ordinateur qui lâche, une corde qui pète...(rires)
L’univers d’Happiness est-il une référence directe à ton feeling de l’époque ?
il y avait beaucoup d’ironie dans ce titre, j’étais avec une personne dont je me suis séparée, mon disque mettait énormément de temps à sortir. J’avais composé un 4 titres -Weeping Willow- chez EMI, c’était l’époque du grand débauchage dans les maisons de disques. Heureusement, j’ai plutôt un public patient.

"Quand tu démarchais des labels, il fallait avoir une étiquette et ma musique n’était pas assez formatée, je ne rentrais pas dans une case. En plus, j’ai souvent la poisse sur scène, un ordinateur qui lâche, une corde qui pète..."

Parlons un peu de ton nouvel album, quel en est le ton ?
Mon travail pour le cinéma donne un peu la couleur de ce deuxième album : moins de clavier, d’électronique et des envies d’arrangements de cuivre, des percussions. L’ensemble restera électro-pop, je peux pas effacer ce côté électro que j’ai au fond de moi, je suis un passionné de musique électronique. Le 2ème album n’a pas forcément été plus simple à écrire car j’avais beaucoup bossé pour le premier (4 ans) et parallèlement j’ai eu moins de temps pour le composer.
Tu vis aujourd’hui, entre la France et les Etats-Unis, qu’est ce que ça a changé dans ton quotidien, dans tes influences ?
Mon voyage aux Etats-Unis m’a fait du bien, c’est très inspirant, le niveau musical y est élevé, il y a une forte émulation au niveau artistique, comme en France d’ailleurs.
Je me suis découvert une passion pour Animal Collective et le folk organique de Beirut. On me dit souvent que le groupe dont se rapproche le plus ma musique est Grandaddy. Je retrouve des similitudes dans la mélancolie mélodique.
Quels sont tes projets ?
J’ai envie de rejouer, j’ai eu beaucoup de projets, trois musiques de film pendant la dernière tournée. C’est intéressant, ça te permet une certaine liberté économique. J’ai plein d’envies, je rêve secrètement de composer pour Richard Kelly (réalisateur à l’univers tourmenté, auteur culte de Donnie Darko).

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Droits Réservés

www.sebastienschuller.com www.myspace.com/sebastienschuller