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Julien Rivoire aka Bastardgraphics : « Le live vidéo, ça paye pas (beaucoup) »

Le live électronique se porte bien, merci pour lui. Le veejaying, quand à lui est une discipline en manque d’inspiration, pensait-on. Un collectif de graphistes formé à l’occasion des dernières Nuits Sonores s’est spécialisé dans le « Live Vidéo » et dynamise le secteur .
La scénographie et l’habillage visuel ont souvent été les parents pauvres du live électro. le déluge est auditif, au détriment du décorum, résolument neutre. Avec PLAY, le problème ne se pose plus, vous en prendrez également plein la vue.
Bastardgraphics, plus connu pour son activité de graphiste, a réuni ses amis dans PLAY, une structure composée de Melka, Ease (les « Parisiens »), Elroy, Neopen et Pierre Vanni (les « Toulousains »).
Street Tease a rencontré Bastardgraphics, en terres Lyonnaises. Ce dernier nous a présenté son crew de vidéastes en herbe (mon oeil).

Street Tease : Quand est né PLAY ?
Bastardgraphics : Aux Nuits Sonores 07’, la section Images Sonores m’a contacté car le festival voulait proposer à des graphistes d’intervenir pour sortir du veejaying classique à base de samples. j’étais invité pour faire de la vidéo et jouer sur un live d’1h30. Finalement, on m’a demandé si je pouvais tenir une nuit. Donc j’ai pensé à mes potes Melka et Ease qui sont originaires de Paris. Je connaissais Elroy, Neopen qui faisaient déjà de la vidéo et Pierre Vanni via Myspace. A la base, nous sommes tous graphistes. Au départ c’était « Bastardgraphics & Friends » pour la première soirée. On a fait la scène avec Miss Kittin, Apparat, Ellen Allien, Da fresh… On a eu de bons retours, d’autres dates sont tombées. A ce moment là, on s’est dit qu’il fallait monter un collectif.
Le veejaying est associé aux musiques électroniques, ça se ressent dans vos écoutes personnelles ?
Pour ma part, oui et c’est plus facile de jouer sur de l’électronique. On a eu l’occasion de jouer sur du rock à Marsatac et au niveau rythmique, c’est plus difficile. Neopen et Elroy bossent également sur des projets électro/hip-hop.
Comment avez vous préparé votre live ?
Pendant des mois, on a travaillé nos vidéos chacun dans notre coin et nous avons appréhendez le live avec pas mal de feeling. On a beaucoup écouté les artistes sur lesquels nous devions joué pour ne pas tomber à côté et finalement on a fait des vidéos assez généralistes qui pouvaient s’appliquer à tous les artistes de la soirée en question. C’était un vrai soulagement que tout fonctionne bien car nous avions un peu la pression, première scène, aux Nuits Sonores...

« Tu peux travailler une journée sur une vidéo qui dure 5 secondes. En comparaison, un tee shirt peut se concevoir en deux jours.»

Le veejaying, c’était pour toi un moyen d’exposer ton univers de graphiste print ou d’explorer une nouvelle façon de produire de l’image ?
A la base, ils (NDLR Les Nuits Sonores) ont voulu me faire jouer pour reprendre mes visuels et les animer. Mais je suis partie sur autre chose avec plein de grosses trames super colorées. Dans le collectif, Ease, Melka et moi, on veut développer des vidéos dans un esprit Op Art. On aimerait bien également faire de l’installation de lumière, de la projection sur du volume. Les « toulousains » travaillent plus sur du Motion Design, avec After Effect, de l’intégration 3-D. Ils ont une technique de malade. Du coup, on a tous nos particularités car on bosse pas mal par groupe au sein du collectif.
On fait pas de sampling, on dit qu’on fait plus du Live Vidéo que du veejaying. Sur la plupart des dates, on fonctionne en binôme, voir trinôme, en fonction des disponibilités
Vous avez également joué à Marsatac ?
On a joué 2 soirs, le vendredi pour la soirée électro (Nathan Fake, Modeselektor) et le samedi pour la scène hip-hop avec Svinkels, The Procussions. On avait séparé les groupes par équipes. On a bossé différemment, pour ma part, j’ai eu plus de mal car j’ai un univers super coloré qui ne s’applique pas forcément à du hip-hop. L’imagerie des toulousains collait vachement mieux, avec une esthétique plus urbaine.
On joue également régulièrement dans le cadre des Echos Sonores, ce sont les soirées organisées toute l’année par l’équipe des Nuits Sonores, de septembre à juin. Normalement, nous allons rejoué aux Nuits Sonores cette année, en collaboration avec Tsugi, avec qui nous allons nous occuper de la programmation. La vidéo sera encore plus développée pour cette édition.
Quelles sont les principales différences entre ton travail de graphiste et l’habillage vidéo version Play ?
Pour commencer, la vidéo, c’est beaucoup d’investissement personnel et ça paye pas tant que ça par rapport au temps passé dessus. Sachant que tu peux travailler une journée sur une vidéo qui dure 5 secondes. En comparaison, un tee shirt peu se concevoir en deux jours.
Comment tu envisages l’évolution du collectif ?
A terme, je pense que ça va me prendre 50% de mon temps. En ce moment, on bosse sur les lives de Data et Spitzer. Les toulousains préparent le live de Danger. J’aimerais partir sur de la scénographie, de l’installation de volumes avec projection, de l’expérimentation...

Auteur : @FrancoisChe

www.play-collective.net