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Don Rimini : Tutto va bene

Absolutely Rad est l’une des grosses claques de la rentrée électro. Après un premier maxi plein de promesses, le « parrain » de Rimini, fraîchement signé chez Mental Groove - le label suisse qui recrute français - revient à la charge et expose au grand jour son talent de producteur. Ce nouvel opus vient confirmer les espoirs placés dans ce jeune DJ/Producteur parisien à la main lourde.

Street Tease : D’où ça vient Don Rimini, tu as des origines italiennes ?
Don Rimini : Rimini est effectivement une ville italienne. Je n’ai aucun lien avec cette ville ni même des origines transalpines. J’ai lu un article dans un vieux numéro d’Actuel, qui traitait des premières raves organisées en Italie, dans la région de Rimini, c’était de la folie. Don, c’est plus pour le côté mafieux.
Qui t’as transmis le virus des platines ?
2 raisons essentielles. Mon grand frère sortait beaucoup au Boy, il traînait pas mal dans les clubs underground sur Paris et même à l’étranger. Il m’a fait écouter la musique qui était joué dans ces endroits, ça m’a branché tout de suite.
Je me souviens également des jeudi au Rex avec Laurent Garnier ou il invitait la crème, Carl Cox, Derrick May...
Pourquoi ton second maxi chez Mental Groove ?
Pour mon premier maxi, Time To Panic, j’ai eu un excellent feeling avec Marc de Rise Recordings, tout s’est très bien passé et il m’a signé.
Pour Absolutely Rad, l’opportunité s’est présentée de figurer sur un label qui a une dimension plus internationale. Oliver, le boss de Mental Groove m’a contacté et c’est un vrai plaisir de bosser avec lui, il est très à l’écoute et se soucie énormément des artistes qu’il signe. Ca ne veut pas dire que je ne sortirai pas de nouveaux maxis chez Rise.
Quels sont les différences en terme de production entre tes deux premiers maxis, Time To Panic et Absolutely Rad ?
La différence se fait plus entre chaque titre. Sur Time To Panic, il y a quatre morceaux qui sont complètements différents les uns des autres. Tutto Va Bene est super différent d’un A Contrario ou d’un A Fortiori. C’est la même chose sur mon dernier maxi, il n’y a pas forcément de fil conducteur entre les tracks, c’est très instinctif.

"J’ai lu un article dans un vieux numéro d’Actuel, qui traitait des premières raves organisées en Italie, dans la région de Rimini, c’était de la folie."

Tu as sollicité The Driver (aka Manu le Malin) et Crookers pour remixer Let Me Back Up ?
Pour Manu, c’est moi qui lui ait demandé, il est super content de ce qui se passe en ce moment, sur la nouvelle génération électro. Il a rebranché son studio avec Lunatic Asylum, son pote, et ils ont décidé de fournir une version de Let Me Back Up. J’ai été flatté qu’il accepte, ce sont des gens qui comptent énormément pour moi (et pour d’autres).
Pour Crookers, ce sont eux qui m’ont contacté via Myspace en me disant qu’ils kiffaient Let Me Back Up. C’était un échange super enthousiaste. Je pense qu’ils font parti des formations électro italiennes qui vont cartonner en 2008, avec Bloody Beetroots.
Tes tracks sont régulièrement joués par MSTRKRFT, Busy P, DJ Mehdi, Soulwax...
C’est super flatteur. C’est juste dingue. J’ai envoyé mon maxi à tous les DJs que je kiffais. Je ne m’attendais pas forcément à un tel retour même si je savais que le morceau commençait à plaire.
Comment tu envisages le travail de composition ?
Je suis quelqu’un d’assez exigent avec moi-même. Je ne bosse pas vite. Je préfère produire des morceaux avec plein de petits détails qui ne s’entendent pas à la première écoute. Un morceau comme Let Me Back Up comporte plein d’éléments. J’ai mis 2 jours pour composer la structure du morceau puis j’ai travaillé une bonne semaine pour le finaliser. J’aime pas trop la musique linéaire, pour autoroute. Il y a des bons titres mais c’est pas mon truc.
Tu aimes toucher aux morceaux des autres ?
C’est un exercice que j’affectionne. Il y a une base de travail et tu sais ce que tu as envie de mettre en avant. J’adore l’exercice du remix.
Qu’est ce qu’un bon DJ ?
Un bon DJ, pour moi, c’est un mec qui a une putain de sélection et une grosse technique. Des mecs comme Dave Clark, DJ Godfather. Les DJ qui font les DMC sont forts techniquement mais parfois en soirée, ils ne font pas les bons choix de disques. A l’inverse, certains mecs font les bons choix mais peuvent pêcher dans la technique. L’idéal est de trouver le bon compromis entre les deux.

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Mpy Was Here

myspace.com/donrimini