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Cadence Weapon : Sale gosse

Ecouter Breaking Kayfabe, c’est un peu comme jouer à Tetris sur Game Boy avec la molette du son tournée au maximum. Les productions électroniques saturées inondent les tympans, leur infligeant de sévères dégâts auditifs tout en satisfaisant l’oreille d’un son binaire brut et innovant. On doit cette première oeuvre à Roland Rollie Pemberton alias Cadence Weapon. Un petit gars de 21 ans issu de la génération digitale et originaire d’Edmonton au Canada, dont le nouvel album résolument dancefloor, Afterparty Babies (Big Dada / Pias), débarque dans les bacs ce mois-ci.

Street Tease : Comment ça va ?
Cadence Weapon : Ca va, j’ai eu un sale virus récemment là mais il est passé !
Tu es Dj, producteur et Mc. Où as-tu appris tout ça ?
Je suis autodidacte, il a fallu de nombreuses années d’essais et d’erreurs. Je rappe depuis 9 ans, je fais des beats depuis 7 et je me suis mis au Deejaying il y a 3 ans. Tout est venu naturellement car je m’intéresse à la culture hip hop.
Comment as-tu réagis en signant chez Big Dada ?
J’étais assez excité. Big Dada est présent depuis un moment et ils ont une superbe réputation dans l’industrie musicale. Ils sont le label parfait pour l’expérimentation en rap, alors cela me convenait totalement.
Tu as 21 ans et c’est ton second album...
A presque 25 ans, Bob Dylan en avait fait 7 ! J’essaie de le suivre...

"C’est un disque de dance qui parle de la condition sociale des jeunes qui m’entourent."

Breaking Kayfabe a été distribué en Europe bien plus tard qu’aux Etats-Unis.
Ca ne me dérange pas. Je préfère qu’il sorte tard en Europe plutôt que jamais. J’en ai fait la promo les deux dernières années, alors maintenant je suis heureux de passer à autre chose.
Quand as tu commencé à travailler sur Afterparty Babies ?
A la mi-2005 je dirai.
Quelle en est la principale idée ?
C’est un disque de dance qui parle de la condition sociale des jeunes qui m’entourent. C’est donc un disque sur mes potes et la nature de notre société. Je voulais concevoir une sorte de capsule temporelle pour les jeunes Canadiens.
Quelles choses t’influencent dans tes productions ? Dans tes lyrics ?
Pour cet album, je me suis inspiré de Basement Jaxx, Switch, Daft Punk, The Avalanches, George Clinton et les Dust Brothers. C’est définitivement un son très européen, influencé par mon expérience dans les dances clubs et ma perspective de la musique en tant que Dj. Pour les lyrics, je me suis inspiré de la folk de Boby Dylan. Cet album contient de la prose mesurée, parfois même du spoken-word. Andre Nickatina, Count Bass D et Ghostface m’influencent également dans l’élaboration des rimes.

"J’avais organisé une fête chez moi avec une centaine de personnes pendant que ma mère était en Chine. Ils ont saccagé ma maison et mon taré de beau-père a viré tout le monde avec une batte de base-ball !"

La pochette est plutôt sympa...
C’est une photo de ma classe 2007, je voulais commémorer l’époque que j’illustre dans le disque. Il y a beaucoup de gens sur la photo dont je parle dans l’album.
Quel est ton pire souvenir de soirée ?
J’avais organisé une fête chez moi avec une centaine de personnes pendant que ma mère était en Chine. Ils ont saccagé ma maison et mon taré de beau-père a viré tout le monde avec une batte de base-ball ! J’ai aussi eu une amende pour nuisances sonores. C’est cette histoire que je raconte dans “Oliver Square”.
Quelle serait la fête de tes rêves ?
Une fête avec une énorme cage gonflable remplie de superbes filles et un open-bar, le tout avec James Murphy aux platines !

Auteur : Alino
Photos : Droits Réservés

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