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Pierre Vanni : Monsieur Bricolage

Pierre Vanni n’est pas un bricoleur comme les autres. Ses installations maison sont autant de petites merveilles technologiques. Dans un élan de (ré)création, le natif de Toulouse admet avoir « lâché » les logiciels de création graphique pour se consacrer à la confection de ses animations 3D artisanales. Cette démarche atypique lui vaut de nombreuses collaborations, notamment avec PLAY, le collectif de Live Vidéo, le magazine Manystuff ou plus récemment We Love Art.

Street Tease : Peux tu nous parler de toi, quel est ton parcours personnel ? ta formation ?
Pierre Vanni : J’ai 24 ans, j ‘ai un parcours assez banal, peu clinquant : la fac d’art appliqués de Toulouse, du Deug jusqu’à la thèse, que je commence à peine.
Avant ça, plus jeune je prenais des cours de dessin académique et de peinture.
En fait j’aurais aimé être peintre, mais bon je crois qu’on fait jamais vraiment ce que l’on aurait aimer faire. Et c’est pas plus mal !
Quand as tu commencé à travailler sur tes installations ?
Il y a environ un ou deux ans. J’ai eu envie de décoller mon regard de l’écran et c’est finalement cette pulsion récréative qui m’a permis de lâcher Illustrator et Photoshop pour me confronter à quelque chose de plus frais. Cet aspect ludique est important pour moi, pour preuve, le programme qui m’aide à construire mes volumes de papier est un logiciel japonais destiné aux enfants.
Ce goût prononcé pour les installations, ça vient de l’enfance, des jeux de construction ?
J’y crois pas vraiment. Comme tout le monde j’ai joué au lego mais je ne suis vraiment pas à la base quelqu’un de bricoleur ou de méticuleux, non vraiment pas ! Petit je préférais encore dessiner. C’est de ce point de vue là un petit défi personnel. J’aspire à devenir un mec vraiment adroit de ses mains, un gars qui sait construire sa maison en rondins de bois !
Mais pour moi ce bricolage de papier, un peu dérisoire, hyper low-tech si tu préfères, n’est pas à mettre en opposition avec les nouvelles technologies, bien au contraire. On a grandi avec l’arrivée de ces images interactives, tridimensionnelles, de ces créations multimédia qui hybrident dans le même cadre -celui de l’écran- des images de natures différentes, du son, du texte, etc. Qu’est ce que je fais sinon la même chose, mais cette fois dans ma chambre plutôt que sur PC ?

"Cette pulsion récréative qui m’a permis de lâcher Illustrator et Photoshop pour me confronter à quelque chose de plus frais."

Tu as un univers propre, facilement identifiable mais as tu des sources d’inspiration ou des artistes qui t’on influencé dans cette démarche ?
Bien sûr la liste serais longue, mais tu sais je n’ai pas une énorme culture graphique. si l‘on remonte avant les années 90 je suis un peu perdu. Je suis en fait plus attiré par la façon qu’on les maîtres de la Renaissance de penser et construire leurs images : ma référence, c’est le tableau « Les Ambassadeurs » de Hans Holbein, 1533. Une claque.
Comment se déroulent tes journées ?
Ben, Je me lève sur les coups de 9h, je bosse jusqu’à 19h. et le soir c’est farniente.
Peut-on en savoir un peu plus sur ton processus de création ?
‘la première idée n’est jamais la bonne‘. C’est ce qui le résume le mieux. J’attache beaucoup d’importance à l’intention qui fonde mon projet. Je passe toujours pas mal de temps à griffonner sur mon carnet avant de me lancer dans le bain. J’ai en fait horreur de créer de jolis images, vides, sans enjeux, sans discours, ça m’ennuie. Pour moi le graphisme n’est pas une affaire de style.
Tu as récemment conçu une superbe affiche pour We Love Art, comment ça s’est passé ?
La rencontre avec We Love Art s’est faite simplement, par téléphone. Ils souhaitaient que l’on travaille ensemble sur ce projet, pour voir ce que cela pourrait donner. Ce fut un moment de création très agréable et je tiens, au passage, à remercier tout particulièrement Julie et Marie.

"J’aspire à devenir un mec vraiment adroit de ses mains, un gars qui sait construire sa maison en rondins de bois !"

D’une manière générale, quels sont tes clients ou quels sont ceux pour qui tu aimerais travailler ?
En terme de secteur, Je n’ai pas vraiment d’envie particulière. Bien sûr, la musique, la mode, l’art et la culture en générale m’attire, mais l’essentiel reste pour moi d’avoir la possibilité de pouvoir travailler avec des gens qui ont la volonté d’expérimenter (et c’est rare…).
Y a t-il un travail pour lequel tu es particulièrement fier en terme de rendu, d’esthétique, de visibilité…
Oui, c’est mon affiche en 3D intitulée « 1/ Petit panorama du design graphique Toulousain » et réalisée pour une expo de Manystuff. Sûrement parce que c’est l’une de mes premières expérimentations de ce genre. C’est pas vraiment rationnel.
Il y a aussi le premier numéro de la revue imprimée Manystuff qui sort en avril. C’est ma première expérience dans le monde de l’édition et j’espère avoir été à la hauteur.
Tu fais également parti du collectif PLAY, quel est ton degré d’implication dans le projet ?
Depuis le début, j’envisage PLAY comme un terrain de jeu, comme la possibilité d’expérimenter la vidéo et le motion graphic sans complexe. Je ne me considère pas comme Vj. Du coup pour ma part, faire des videos, ça revient souvent à délirer une caméra à la main, avec mon pote Mathieu Fermigier (plasticien). Plus c’est spontané et pertinent, mieux c’est !

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Droits Réservés

pierrevanni.com