Revues

Pierre-Yves Pérez : The Last Issue

Le garçon la joue modeste. Pourtant Pierre Yves Perez est en passe de concrétiser un très joli projet. Ce réalisateur de formation décide sur un coup de tête de redistribuer les cartes. Il investit courant 2007 une boutique de la rue Quincampoix pour l'aménager à sa guise. Issue est née : une galerie concept dotée d'un shop, d'un atelier pour enfant et d'un superbe espace propice à la créativité des artistes qu'elle héberge. Après 6 mois de gestation, lui et son équipe s'orientent vers une direction artistique ambitieuse et réfléchie, résolument tournée vers les arts graphiques, visuels et urbains.

Street Tease : Tu peux me parler de toi ?
Pierre Yves Pérez : J’ai une boîte de production audiovisuelle qui me permets d’exercer mon vrai métier, réalisateur. A la base, je ne baigne pas dans l’univers des galerie d’Arts. Mais il se trouve que ce lieu était une boutique Facteur Céleste tenue par la très sympathique Delphine Kohler. Dans ce shop, il y a une cave aménagée en studio dans laquelle ma bande de potes et moi-même répétons, enregistrons. De temps en temps, on sortait de notre cave pour projeter des films ou faire des concerts dans la salle principale. Ce lieu avait une âme pour tous les gens qui gravitent autour de nous jusqu’au jour ou Delphine nous a confié que son magasin était en mauvaise posture financière. On trouvait dommage de sacrifier cet endroit qui nous tenait à cœur. J’ai mis de l’argent de côté et on s’est associé au groupe Paprec, une entreprise industrielle de recyclage qui a adhéré au projet de galerie.
Quelle est ton ambition en terme de développement ?
On a appris à travailler sur le tas, en faisant des erreurs au départ. Ensuite, on a définit une ligne directrice, après 6 mois d’expérimentations qui débouchent sur un projet concret. On a fermé la galerie pendant trois semaines pour rouvrir avec une direction artistique plus lisible. Il y a beaucoup de gens créatifs qui évoluent autour de nous, que ce soit dans l’image, la musique, la scène. Mon idéal est de trouver un terrain d’expression pour fédérer tous ces univers créatifs, générer des collaborations entre musiciens, comédiens, graphistes… C’est le principe du lieu.
Plus globalement, peux tu nous dévoiler les contours de la direction artistique recherchée pour Issue ?
A partir du 23 avril, on a décidé de mettre en valeur les Arts graphiques, visuels et urbains, sans pour autant jouer à mort la carte du graffiti. On préfère l’illustration, le dessin. Le principe est de donner à chaque artiste 5 semaines (dont 1 semaine de résidence pour 4 d’expositions). On aimerait sortir du simple accrochage sur les murs, on veut qu’il y ait un univers entier qui pénètre dans la galerie. L’implication dans le lieu va se faire au moment de la résidence car elle est ouverte au public qui pourra voir l’artiste en train de travailler sur le projet exposé par la suite. Nous disposons également d’un atelier pour enfant dans lequel l’artiste pourra s’impliquer et participer à la confection d’un projet, si son travail le permet.

"Mon idéal est de trouver un terrain d’expression pour fédérer tous ces univers créatifs, générer des collaborations entre musiciens, comédiens, graphistes… C’est le principe du lieu."

Privilégier la qualité et aussi la quantité, tout en proposant des tarifs abordables…
On essaye d’insuffler une politique de production plus qu’une politique de pièces. Il y aura un shop dans lequel nous allons développé du produit dérivé (sérigraphie, print, dessins originaux…) à partir du travail des artistes qui seront exposés ou dont nous aimons le travail. Notre politique de prix sera basse, j’aimerai offrir aux gens la possibilité d’acheter. On a envie que les gens puissent repartir avec un bout de l’exposition. Il y a une dimension humaine dans les rapports que nous entretenons avec les artistes, on leur demande une implication personnelle, au delà de la simple exposition.
Comment s’est établie la connection avec Arnaud Pagès ?
J’ai la chance est d’être ami avec Adeline Jeudy de la Galerie LJ Beaubourg. Elle m’a tout simplement enseigné les rudiments. Son positionnement est différent du notre, nos orientations sont assez complémentaires pour le coup et lorsqu’elle m’a présenté Arnaud, le courant est bien passé et j’ai beaucoup aimé son travail. J’ai une certaine sensibilité à l’image dans le sens ou je suis réalisateur. J’aime également l’univers de la Bande Dessinée, mon frère tenait une boutique spécialisée donc j’ai pas mal baigné dans le dessin. En dehors de ça, je découvre plein de nouveaux artistes tous les jours et ça donne des idées (rires).
Trouves tu encore du temps pour tes activités de réalisation ?
Il y a 24 heures dans une journée, il y en a quelques unes pour dormir... J’ai connu le travail plus classique, ou tu es protégé par un contrat, un salaire mais j’ais pas trouvé mon bonheur dans l’entreprise. Si le prix à payer pour réussir, c’est travailler plus pour prendre du plaisir, alors ce n’est pas un problème…

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Mamzel, Maviou et MPY

lissue.com

Galerie Issue, 38 rue Quicampoix 75004 Paris
Métros Rambuteau, Les Halles, Etienne Marcel