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Poney Express : The Young Riders

Anna et Robin nous reçoivent dans leur joli appartement parisien. Des instruments un peu partout, c’est autour d’un thé, sur des tabourets hauts, que l’on fait connaissance avec ce couple si doux et créatif. Ils nous expliquent comment est né Daisy Street, superbe album folk-pop qui fait voyager les yeux ouverts au pays de leurs fantasmes. Belle rencontre.

Street Tease : Comment est né Poney Express ?
Anna Berthe (ex-chanteuse de Têtard) : Je faisais partie du groupe Têtard, qui a fait pas mal de premières parties de Louise Attaque, dont Robin est le bassiste. Robin a également produit le 3ème album de Têtard. On s’est donc retrouvés en studio, il y a deux ans. Et d’avoir commencé à travailler ensemble, ça nous a tout de suite donné envie de faire Poney Express.
Robin Feix (bassiste de Louise Attaque) : Anna avait déjà fait quelques maquettes de chansons et moi j’avais commencé, au premier break de Louise, à faire quelque chose tout seul. La rencontre de cette maquette avec mes idées, ça a donné Poney Express.
Quelles images aviez-vous quand vous avez commencé cet album concept ?
Anna : On a fait toutes les maquettes en bas de cet appartement. On a passé tout l’hiver dernier dans une cave sombre. La nuit, l’ambiance est assez propice aux divagations et aux fantasmes.
Robin : Et pour le côté concept, il y a deux groupes qu’on aime beaucoup : les américains de Violent Femmes et les anglais de Belle & Sebastian. Le concept était simple. On voulait mélanger ces deux trucs-là. Au niveau du son qu’ils ont et qu’on a piqué comme des salops… Et à partir de là, on a divagué, on a pensé aux indiens d’Amérique…
Sur Daisy Street, il y a un son très brut. Est-ce que vous avez aussi imaginé cet album sur scène en l’écrivant ?
Pas sur scène mais en live oui. C’est comme ça qu’on compose. On se met l’un en face de l’autre, guitare et basse acoustiques, nos instruments « de maison ». Et on essaie de pondre un truc.

"Je crois que ce qu’on cherche, c’est à continuer ce qui nous a fait marrer pendant la création de l’album. C’est une manière assez instinctive, joyeuse et décomplexée de travailler."

Avec vous, on voyage beaucoup entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Vos rapports à ces pays sont véritables ou fantasmés ?
Anna : La seconde réponse bien sûr ! Pour le coup, s’il y a un concept, c’est bien celui-là.
Robin : Mais ce sont des fantasmes musicaux. Même si on a été dans ces pays, ce dont on s’inspire, c’est uniquement du son. Et, pour le coup, c’est un terrain très connu.
Sur scène, comment vivez-vous la transmission de ce premier album ?
Anna : On n’avait fait aucun concert avant de faire l’album. Et moi, contrairement à lui, je débute vachement. Donc on essaie de retranscrire sur scène une espèce de décontraction. Même si on a une violoniste et un batteur, le centre, ça reste guitare et basse acoustiques. Quand on est sur scène, les gens voient comment la musique se fait. On parle beaucoup, on rie, on improvise et ce n’est pas grave. On dédramatise la scène avec ces gros moyens…
Robin : Je crois que ce qu’on cherche, c’est à continuer ce qui nous a fait marrer pendant la création de l’album. C’est une manière assez instinctive, joyeuse et decomplexée de travailler. Quelque chose de vivant et de présent. Louise (Attaque) était une grosse machine. Et je n’ai de cesse de m’en éloigner pour essaye de voir ce qu’elle peut faire, la petite machine. Quand on joue acoustique à deux, on est un peu tout nus. Et les gens, avant même qu’on ne commence, ont de la compassion face au courage qu’il faut pour arriver tout nus. Du coup, on a une belle proximité

Auteur : Adeline Lajoinie
Photos : Droits Réservés

www.myspace.com/poneyexpress