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Dabaaz & Gero : SiSi La Famille

L’un rappe, l’autre mixe. Le premier se nomme Dabaaz, ancien membre de Triptik qui a sorti l’an passé son premier solo, Moi, Ma Gueule et Ma Propre Personne chez Disque Primeur. Le second s’appelle Géro, un des tous meilleurs DJ français dont les mixtapes s’arrachent comme des petits pains. Aujourd’hui, Dabaaz et Gero sont fiers de vous présenter leur nouveau projet : Poyz & Pirlz.
L’union fait la force pourrait être leur slogan. Une bande de mecs sympas à l’ouverture d’esprit insoupçonnée et au sens de la teuf, aigu. Après avoir développé quelques affinités sur scène, ils décident d’exposer leur doctrine au grand jour. Au programme : en plus des projets musicaux, une gamme de vêtements super fraîche, une résidence explosive à la Flèche d’Or, et de la bonne blague au kilomètre. Genèse.

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Street Tease : Comment vous êtes vous rencontrés ?
Dabaaz : C’était au Batofar fin 2005, j’avais déjà participé à quelques mixtapes. De son côté Gero commençait à gagner des championnats, moi je tournais avec Pone. Un jour on s’est vu au Batofar, j’avais rien à faire, je ne devais pas jouer donc j’étais bourré, on a mangé dans la cantine derrière. Les premières fois c’était juste une histoire de remplacement. Je lui ai demandé s’il pouvait être là pour un festival, on a répété la veille et on l’a fait le lendemain. Ensuite je lui ai dit que si y avait d’autres concerts et que Pone ne pouvait pas, ce serait lui. Après c’est un roman d’amitié qui commence. Ce qui est marrant c’est qu’on était tous les deux habitués à tourner avec plein de monde et là on s’est retrouvé que tous les deux, à faire les trajets ensemble. Du coup ça a créé des liens.
Gero : Moi avant d’être Dj je voulais faire du javelot.
Dabaaz, est-ce que cela a été compliqué de sortir un album solo et de quitter l’aventure Triptik ?
D : Il y a eu un côté compliqué et un autre beaucoup plus simple avec le fait de tout choisir, de ne pas faire de compromis, d’avoir moins de discussions ou que personne n’arrive en retard. En fait c’est tout simplement plus de boulot. C’était aussi plus excitant vu que je pouvais tout décider. Comme la reconversion s’était bien passé, que les scènes avaient été encourageantes et que les maxis (auto-produits) se sont écoulés comme des petits pains, j’avais envie de rebondir vite et de ne pas trop attendre avant de ressorti autre chose. Mais ça a mis plus de temps que prévu, le temps que ça s’officialise, qu’on trouve le budget. A un moment aussi je devais signer sur une major, ça ne s’est pas fait et les discussions nous ont fait perdre 6 mois. C’est vrai que sur le coup ça a été un peu frustrant, l’album a mis du temps à se faire, j’avais peur de casser le peu de dynamique.

Gero : "Avant d’être DJ, je voulais faire du javelot."

Et puis c’était la fin d’une certaine époque du rap français…
D : C’est ça, je voyais tout l’ancien milieu s’écrouler, Générations devenait une radio commerciale, les magazines Tracklist, The source et Groove mettaient la clé sous la porte, il n’y avait plus de Cut Killer Show, plus de BOSS…
J’ai pour ma part vécu une grande transition, j’arrivais dans un truc où je n’avais plus de repères. Au final cette expérience a été mitigée mais aussi hyper positive. On a fait un album dans une grosse période de crise, on a eu la presse, le public et des bons retours mais j’étais un peu le cul entre deux chaises pour me faire remarquer facilement parmi les trucs plus ou moins rap, les Svink, TTC et Yelle qui sont tellement des phénomènes que tout de suite ils sortent du lot. Moi je suis un peu trop normal et ceux qui écoutent vraiment du rap ne sont pas assez nombreux. Du coup je me retrouvais un peu tout seul dans les festivals, je faisais des trucs au festival des Inrocks, au Rex, dans des cités, mais je n’étais jamais la tête d’affiche donc je n’avais pas l’occasion de faire de vrais shows.
Quels sont tes objectifs perso ?
D : Le but maintenant c’est de faire la même chose mais de se réunir avec des gens qui collent bien. On va commencer à évoluer, on va faire du rap comme moi j’ai envie de faire, mélangé avec les petites échappées electro-club de Gero, l’univers de Drixxxé et l’aspect artistique d’Arthur King. On va bien ensemble, on s’entend bien, on a un peu la même culture tout en étant variés, cela devrait être bien riche. C’est ce qui est entrain de se passer tout doucement, je pense que c’est la seule façon de s’en sortir, de ne pas être chacun dans notre coin à faire nos petits trucs. Avant, avec Triptik il y avait une sorte d’école du rap inventée par la presse et pourtant on ne s’entendait pas forcément. Mais les gens adoraient ça, du coup on encourage les featurings. On est une vraie famille donc autant capitaliser.
T’étais dans quel état d’esprit pour Moi, Ma Gueule et Ma propre personne
D : Je me suis mis dans une ambiance artisanale, j’avais un peu des ambitions mainstream avec mon album, je me suis dit je fais pas du rap de cave, je fais pas du spé non plus… Et je me suis rendu compte que je suis à petite échelle, avec un petit public qui nous suit et qui ne demande qu’à s’élargir. Comme ça au moins on est sûr que les bases sont saines, que le public vient pour la bonne raison et qu’on ne les décevra pas.

Dabaaz : "Je me suis mis dans une ambiance artisanale, j’avais un peu des ambitions mainstream avec mon album, je me suis dit je fais pas du rap de cave, je fais pas du spé non plus… Et je me suis rendu compte que je suis à petite échelle, avec un petit public qui nous suit et qui ne demande qu’à s’élargir."

Comment travaillez vous ensemble ?
D : En fait on ne travaille jamais ensemble, on est juste ensemble sur scène. Ah si on a fait un titre ensemble mais on ne s’est même pas vu. C’est notre seule expérience de vraie collaboration. Ensemble on fait surtout des concerts, des bouffes, on parle de fringues… On est pas trop des bosseurs. Maintenant on arrive à faire plus d’une heure de concert en offrant de bons shows. On improvise toujours, c’est toujours rigolo, c’est de l’instantané par rapport à ce qu’il se passe sur scène. Il faut juste bien se connaître et être sur la même longueur d’onde, après ça va tout seul. C’est une fusion.
Gero, tu peux nous parler de ta nouvelle tape, Pirlz City Poyz Gang ?
G : La tape Pirlz City Poyz Gang est sortie et est disponible un peu partout. Ca ne se passe pas trop mal. Ca m’a pas pris longtemps à la faire, généralement quand j’ai un set que je joue pendant un an avec des morceaux qui vont bien ensemble, je les mets sur le cd et ça va vite. Ensuite on rajoute les intros, les blunds, les remixes pour que la tape soit vraiment intéressante.
C’est possible d’en savoir plus sur les poys et les pirlz ?
G : Sur un mélange inédit entre du rap français, du rock et de la vraie techno. Toute la partie électro est vraiment techno/house. Drixxxé mélange vachement ça dans ses sets. Nous on voudrait vraiment fédérer. On va écrire les 10 commandements des Poyz et des Pirlz pour que les gens sachent ce qui se passe et découvrent notre communauté. On est un peu des néo-hippies dans le sens de l’ouverture. Quand je mixe je dédicace tout le temps à la banlieue. Le poyz est un mec qui dit tout le temps : « qu’est ce qui se passe maintenant ? » et moi je lui dit on se met à poil et on fait la teuf. Il y a vraiment un côté interactif, on est pas en mode snobinard, si tout le monde fait la teuf c’est cool, même si il y a des meufs moches et mal habillées. Il y a rien de plus énervant que lorsque tu arrives dans une soirée et que personne ne te parle parce que tu n’es pas assez bien. Ca m’énerve.
Vous allez également organiser des soirées à la Flèche d’Or, en résidence, pour réunir les fidèles ?
G : On va mettre en place des soirées les rock’n’roll party. Ca commence fin août et ce sera tous les mois à la Flèche d’Or.
On va essayer de passer du bon son et de faire des petites activités en plus, genre concours de shots, de t-shirts mouillés, un peu kermesse dans l’esprit avec le nibaromètre aussi, au principe simple : quand le sein s’allume la Pirlz a gagné. On veut faire un truc cool pour se marrer. Ce ne sera pas dans le délire américain super biyatch, ni eurocrunk chelou limite malsain. A deux heures et demi du mat y aura un camion de glace qui distribuera des esquimaux à tout le monde, ensuite tout le monde aura un slip Poyz and Pirlz, et il y aura des photos de tous les gens en slip. Et contrairement à ce qu’on peut entendre, les videurs de la Flèche d’Or sont cools. Sinon dans la famille Poyz and Pirlz il y a également la boutique Auguste à Bastille avec plein de starters originaux… La boutique sort du lot, au-delà de l’accueil, il y a de nombreuses références. Je vais bientôt sortir un cd au nom de la boutique avec un morceau porno dedans. Il y aura aussi d’autres soirées Auguste… Plein de trucs en fait.

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Mamzelle et Maviou

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