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Miss K : Girl Power

Girly Graphics Rocks ! Miss K annonce la couleur sur sa page Myspace. La Lilloise d’adoption entend bien démontrer que le graphic design est une discipline en passe de se féminiser. A l’instar de l’hémicycle, la parité est un concept dans l’ère du temps chez les adeptes de l’illustration. Son parcours freelance né sur la Toile est significatif d’une époque ou le visuel est omniprésent. Street Tease a tenté d’en savoir plus sur le processus de création de cette jeune artiste, inspirée par le mouvement hip hop et le Street Art.

Street Tease : Quelle est l’origine de Miss K ?
Miss K : ça date, ç’était à l’époque où j’ai commencé à m’intéresser au graffiti et à la typo. Je trouvais que le K était intéressant au point de vue lettrage. Et puis il y a une ou deux autres raisons que je garde pour moi.
Peux-tu nous parler de ton parcours personnel et de ton initiation à l’illustration ?
Je dessine depuis toujours. J’ai fait du design graphique aux beaux arts de Caen puis je suis montée sur Lille pour faire une licence en Arts plastiques. Ma carrière freelance a démarré un peu toute seule grâce à Myspace, il y a deux ans. Je suis fière d’avoir commencé mon activité à Lille car il y a ici une scène graphique assez extraordinaire à mon sens et il y règne une atmosphère créative super motivante. Ca fourmille d’expos ou d’évènements. Les gens ont envie de faire des trucs et c’est une ville qui pousse dans ce sens là car il y a pas mal de structures à disposition.
Quelles sont tes sources d’inspiration, y-a-t-il un graphiste ou un illustrateur en particulier dont le travail retient ton attention ?
Mon inspiration vient de la rue, des gens, des magazines, je synthétise ce que je vois tous les jours en somme. Mais avec des couleurs plus pop, plus acidulées ! Le mouvement hip-hop est également très présent dans mon travail. J’aime le bling bling. Je ne m’inspire pas du travail des autres mais je suis assez fan des dessins de KRSN ou des toiles Mark Ryden.
A ce sujet, le graphic design est un milieu très masculin. Comment on fait quand on est une fille, on est un garçon manqué ou pas du tout ?
C’est vrai qu’il y a plus de garçons dans le milieu du graphisme mais il y a quand même une scène féminine marquée. Et à ma connaissance ce ne sont pas des garçons manqués, bien au contraire ! C’est justement ce qui fait notre force aussi. On apporte une autre vision des choses, une vision de fille, notamment dans le choix des sujets ou dans celui des couleurs. Je pense que ce côté « girly » est vraiment très présent dans nos travaux !

"Ma carrière freelance a démarré un peu toute seule grâce à Myspace, il y a deux ans."

Tu as réalisé nombres d’expositions, quelle est celle dont tu es la plus fière ?
C’est difficile à dire. C’est à chaque fois une bonne expérience parce que c’est souvent différent. Entre les expos d’illustrations ou les expos de customisations, seule ou collective (avec le collectif Respir).
J’ai été fière de la toute première, forcément. C’était en février 2007 au shop Beyou K de Lille avec ma copine J*wls. Je me souviens d’avoir été super stressée, d’avoir passé une paire de nuits blanches à bosser et finalement ça s’est très bien passé et ça reste un super souvenir pour toutes les deux. J’ai également été super contente d’être invitée à exposer dans une galerie à Berlin avec d’autres artistes l’année dernière. Ca fait toujours forcément plaisir d’avoir l’opportunité de s’exporter.
La plupart des graphic designers ont une addiction liée à leur outil de travail, peux-tu nous révéler quelle est la tienne ?
J’en ai même plusieurs. Il y a la musique en tête de liste. J’ai pratiqué la basse quelques temps, j’en écoute toute la journée pendant que je travaille, j’aurais du mal à faire sans : hip-hop (East Coast et anglais surtout), jazz, soul, dubstep. Tous les styles où la basse est prédominante en fait !
En ce moment même c’est A piece of Strange de Cunninlynguists.
J’ai également un problème avec les bouquins d’art, j’ai même du constituer un budget mensuel pour ça ! C’est mon côté collectionneuse. Je collectionne tout en fait : des livres aux toys en passant par les stickers ou même les flys que je trouve jolis. Je vais moins rigoler quand je vais déménager !
Je suis aussi addict à mon pc. C’est quand même avec lui que je passe mes journées (et quelques-unes unes de mes nuits aussi) et à tous ces trucs de geek que sont Myspace, Fotolog ou Facebook.
Parmi tous tes projets, quels sont ceux que tu aimerais développer en priorité?
J’ai été contactée récemment par une marque de sneakers française qui est en train de se créer actuellement afin d’imaginer le graphisme de leur première collection. C’est un énorme projet qui va nécessiter une grosse somme de travail pour les semaines à venir donc…à suivre ! Pour ça je vais venir m’installer à Paris à la rentrée, ça facilitera beaucoup mon travail car la plupart de mes clients sont là-bas.
J’ai bien envie aussi de sortir un T-shirt, ça fait un moment que ça me travaille donc je vais essayer de concrétiser ce projet.
Mais j’ai aussi envie de revenir un peu aux sources. Je me suis remise à peindre plus régulièrement sur tout ce qui traîne chez moi, toiles, objets, chaussures…

Expo customania chez Dadawan/Madturnip, 11 rue de l’Aqueduc, Paris 10e. Jusqu’au 13 juillet.

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Droits Réservés

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