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Neo Legend : Arcade Mode

Quel bon gros gamer n'a jamais rêvé d'avoir une borne dans son salon ? La connectique Jamma (qui permet d'avoir plus de 1000 jeux à disposition) n'a plus de secret pour vous, Neo Geo a rythmé votre adolescence dans les bars terminus, et vous êtes incollables sur les hits (Pacman, Arkanoïd, Street Fighter, Fatal Fury, Metal Slug, NBA Jam...). Neo Legend, premier shop de bornes d’arcades en Europe vous propose de réaliser ce rêve de gamin...
A l'heure ou le retrogaming est une discipline plus d'actualité que jamais et ou les salles de jeux se meurent, trois compères archi passionnés prennent le pari d'ouvrir une boutique entièrement consacrée à l'arcade. Street Tease a rencontré ce trio un peu fou mais tellement attachant.

Street Tease : Qui êtes vous ?
Robin : Raphaël, Rémi et moi-même, sommes trois potes d’enfance. On a tous suivi des trajets différents dans nos études mais on a eu l’idée de lancer quelque chose et il se trouve qu’au même moment, la boutique qui est la notre était à louer, et que c’était notre magasin de jeux vidéo lorsqu’on était gamin, notre Stock Game du coin.
Quelle est l'origine du nom « Neo Legend »
Rémi : Neo parce que c’est nouveau, et légende parce que c’est un truc qui est gravé, un phénomène intemporel qui parle au gens. C’est un peu Retour vers le futur. Et néo c’est une dédicace à la Neo Geo, console qui nous a fait découvrir les jeux d’arcade qu’elle adaptait. Tout est parti de là.
Et la genèse du business ?
Raphaël : On a toujours été un peu dans les beaux objets. Nous avons toujours eu le goût de chiner, ma mère travaille aux puces. Les jeux en table basse illustrent bien le côté décoratif de ces bornes d’arcade. Ces tables sont les premières bornes au milieu des années 80, on les trouvait dans les salles de jeu aux Etats-Unis et au Japon. La galère pour faire venir des bornes japonaises et américaines en France nous a donné l’idée de proposer cet endroit où les gens peuvent acheter directement, sans galère de formalité. Ça va très bien avec la vague de rétro actuelle, fluo, années 80. Dans le même esprit qu’un juke box, un flipper, mais en un peu plus accessible et moderne. Ça nous correspond bien. C’est le côté branché d’avoir un objet que t’as jamais pu avoir quand t’étais petit. Ca marche aussi comme cadeau de mariage d’autant que ceux qui se marient maintenant, les trentenaires, ont connu ces jeux étant jeunes ; se cotiser à 15 ou 20 pour acheter une borne ça revient pas très cher. On cherchait aussi un bel objet au Japon, un truc esthétique.
Il y a un musée, MO5, qui est menacé de fermeture ?
Robin : Ouais, c’est une association de collectionneurs de vieilles consoles et de oldies, des geeks qui avaient leur structure dans un sous-sol de lycée à Aubervilliers. Une inspection a finalement interdit d’y stocker leur collection de machines, et ils cherchent un lieu pour déménager. Ils n’ont pas réussi à obtenir le soutien de l’Etat. Ils n’ont pas l’esprit aussi ludique que nous.
Etes vous de gros gamers, au départ ?
Raphaël : Oui mais pas seulement, nous sommes des amateurs de cette culture dans son ensemble, de design, d’objets, de nouveauté. Une borne d’arcade était une machine assez moche ; on a toujours eu du « sous arcade » en France d’une certaine manière, une boîte avec un écran. Tandis qu’ailleurs, à Tokyo par exemple, il y a autant de salles d’arcade que de cafés en France, c’est un lieu typique. Il y a toujours ce côté attraction, dans une salle d’arcade, il y en a un ou deux qui jouent, et les autres qui regardent.
Vous avez ramené ces belles machines du Japon, vous faites vivre des objets qui ont déjà servi ?
Rémi : Oui, on a commencé à l’époque de la Playstation, avec une console qui n’a rien à voir, la Neo Geo, qui n’avait pas une qualité graphique hors norme mais présentait des jeux très ludiques. Le jeu d’arcade est plus comme un babyfoot, c’est technique et ça demande des réflexes. Ensuite, les jeux en pixels sont super beaux, on aime bien les gros pixels.

"Pour beaucoup de gens, l’arcade est morte. Les gamers ne s'y retrouvent plus, des grandes salles de jeu comme la Tête dans les Nuages ne sont pas configurées pour eux. Avec Neo Legend nous avons détourné la borne de son but initial qui était de rapporter de l’argent, pour la mettre dans le salon. On peut quand même faire payer les potes si on veut."

Quels sont vos clients ?
Raphaël : Notre business est concentré sur les particuliers, ce qui n’avait jamais été fait avant. Il n’y a plus qu’une salle à Paris, La Tête dans les nuages sur les Grands Boulevards, axée sur de gros simulateurs. C’est un aspect plus touristique de la salle d’arcade. Ça marche beaucoup moins bien moins qu'à une certaine époque. Il y avait même un Mac Do dedans qui a fermé. C’est dommage, pour beaucoup de gens, l’arcade est morte. Les gamers ne s’y retrouvent plus, ce n’est pas configuré pour eux. Avec Neo Legend nous avons détourné la borne de son but initial qui était de rapporter de l’argent, pour la mettre dans le salon. On peut quand même faire payer les potes si on veut. (rires)
Robin : On a vendu aussi à quelques boîtes de nuit, le Showcase nous en a pris une bonne dizaine, La Scène Bastille également.
Combien faut-il aligner pour se payer cette petite merveille de technologie vintage ?
Pour un budget de 1 000 euros, tu peux avoir une machine équipée de plus 1 000 jeux, ce qui est très abordable. Les prix varient de 750 à 2 500 euros. La livraison est gratuite à Paris, les bornes sont livrées remises à neuf et garanties 6 mois. Ce sont des machines standard, les prix varient pour des modèles plus rares ou de collection. On a les bornes américaines, ces fameuses tables basses qui ont été vendues. Ce des bornes pour enfant, qui rentrent dans n’importe quel appartement.
Alors vous vous faites une réputation à Paris ?
Robin : Nous sommes les seuls en Europe; nous avons une démarche d’antiquaires, de chineurs, et on choisira une esthétique autant qu'un software. Et puis, il y a l’ambiance du magasin.
Comment vous imaginez-vous dans un ou deux ans ?
Robin : C’est top secret, on est vraiment sur tous les fronts, on a plein de projets : mode, jeux. La petite exclu, c’est qu’on est en train de bosser sur un musée de l’arcade, à l’Arche de la Défense.
Qu’est-ce que vous pensez de la WII qui remet au goût du jour des jeux plus ludiques et accessibles ?
Rémi : On y est, ça revient à l’arcade ! C’est simple, 4 directions, deux boutons, avec la gestuelle pour ajouter en facilité. C’est censé parler à tout le monde, une jouabilité trans-générationnelle, ma mère y arriverait.
Vous assurez le SAV ?
Rémi : Oui, tout est garanti 6 mois. On reconfigure toutes les machines. On les restaure entièrement, en se répartissant les tâches. On a appris pas mal sur le tas, à force de bidouiller.
Comment fait-on pour rentrer un euro dans une fente japonaise ?
Robin : Impossible, il faut des yens, ou alors ouvrir avec la clé et ajouter des crédits manuellement. Mais on peut installer un monnayeur en euros.
Vous avez des goodies là...Des choses chinées un peu partout, des affiches de jeu, des teesh...
Robin : Les gens du quartier nous voient jouer de temps en temps et pensent qu’on ne travaille pas, mais on passe beaucoup de temps à l’importation, la vente aux clients, le SAV. Mais c’est le plaisir d’être son propre patron, et puis si ça marche, la satisfaction d’une réussite. Pour les teesh, c’est Otaku, marque créée par un des mecs de Game One : c’est de très bonne qualité, ça détourne des visuels de jeux vidéo toute catégorie confondue. On revient à une mode et une culture, une façon d’être.

Auteur : guillaumedop
Photos : guillaumedop

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