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Humanleft : Pour l'amour du Beat

A la fois promoteur de soirées, producteur électro hip-hop débridé, collectionneur de synthés et soft musicaux en tout genre, Humanleft est un jeune artiste de la scène musicale Toulousaine, également membre du collectif de DJ/VJ Bisou GTI.
Sa musique est un alliage de dirty beats, de boites à rythmes saturées et de basses ravageuses. Ce passionné de son expérimental (Funkstorung, Dabrye, Smith n' Hack) est l'auteur d'un excellent premier EP, Radio Raheem, petite merveille d'équilibre, entre groove obsédant et mélodies synthétiques.

Humanleft a également participé au projet LAPTOP. il signe avec Got Beatz, un track complètement inclassable et rafraîchissant, le véritable OVNI de la compilation. Un beat naïf, qui une fois assimilé reste scotché au cerveau comme un hit underground.

Street Tease : Quelle est l’origine de ton blaze mon cher Humanleft ?
Humanleft : Je déteste cette question ! (il fallait t'y attendre mon coco... ndlr). Il s’agit d’un jeu de mot sur ce qui est permis ou pas. Je me suis dit que c'était assez stupide pour que je sois le seul et l'unique a l'utiliser. C'est vérifié et puis j'aime bien comme ça sonne.
As tu souvenir de tes premiers émois musicaux et depuis quand tu es dans le son ?
Longtemps… Après six ans de gammes au piano quand j’étais gamin et sept années de guitare façon cheveux gras groupe de rock ado. J'ai eu mon premier ordinateur et me suis payé un mini sampler de poche Yamaha SU10. Je suis devenu fou ce dette machine et je ne l’ai plus jamais lâché depuis…
Tes productions sont très personnelles, il y a une patte Humanleft, es-tu conscient de çette marque de fabrique et à quand remonte cette orientation vers des mélodies minimalistes mais totalement groovy ?
Je n’en suis pas réellement conscient à vrai dire. J'essaye juste de faire mon truc et de ne pas sonner comme un 765ème Justice ou un 896ème Jay Dee, même si j'aime beaucoup les deux. Je pique des influences un peu partout, ça passe aussi par Franck Zappa ou The Cure bizarrement. Je suis aussi super influencé par les machines et les softs que j'utilise.
Tu te considères plutôt comme un technicien du beat, calculateur, ou alors un producteur hyper instinctif qui fonctionne au feeling ?
Bonne question mais je n’ai pas vraiment de réponse, j'ai clairement un coté nerd assumé et je suis aussi super influencé par la culture hip hop depuis des années.

"Je me suis retrouvé dans un club roumain façon MTV The Grind; ambiance meufs en string sur podiums, vodka russe et mafia. J’ai eu un peu la pression sur ce coup là. En plus, juste avant moi un mec jouait façon Ibiza ! Finalement les gens ont sauté partout dès le deuxième track, j'ai pu boire de la vodka tranquillement."

Pour ton premier maxi, Radio Raheem, tu as fait appel à un artiste toulousain pour le graphisme (très bel artwork réalisé par Tilt) de la pochette, c’est une démarche délibérée ?
Tilt est quelqu'un que je croisais souvent avant qu'il déménage a NYC et j'aimais sa vibe. Pour la pochette, ça s'est fait plutôt naturellement, et puis Futura et Doze Green ne me répondaient pas. (rires)
Si tu devais collaborer avec un clippeur pour mettre en image tes productions, je présume que tu as quelques pistes en tête, entre tes potes de feu Play et Bisou GTI ?
Évidemment mes gars Elroy et Neopen ! (le duo vient de réaliser le dernier clip de Data, Rapture) C’est la famille déjà, et très honnêtement, je connais pas de mecs plus frais qu'eux niveau graphisme en France. Des mecs comme Supakitch défoncent aussi mais mes gars sont des fous, ne dorment jamais, maîtrisent des techniques de dingues et on se comprend super facilement. J'aime beaucoup ce que fait Arthur King aussi.
Quel est ton point de vue sur la scène musicale Toulousaine, toi qui a un pied dans le hip hop, l’autre dans l’électronique. Peut-on parler de famille ?
Il y a pas mal de sensibilités différentes, une petite scène pop, une autre hip hop glitch façon Dabrye, des rappeurs, scratcheurs, des gens qui font de la de la musique électronique, de la techno. En bref, plein de trucs super intéressants. Tant que les gens sont ouverts ça me va. Dans la même journée, je peux écouter du Glitch Mob comme The Cure en passant de la Booty Bass.
Je déteste les puristes, les mecs intégristes qui te sortiront que l'électronique c'est pour les bouffons a mèche parce qu'ils écoutent Dabrye et pensent tout savoir. C'est le même genre de connards qui viennent te voir en soirée et te saoulent parce que tu joues avec un Serato et pas des vrais vinyles. Juste l'horreur !
Tu as pas mal voyagé pour jouer, quels sont tes meilleurs souvenirs de party ?
Ma date à Pau avec Modeselektor. Je sais il y a plus exotique comme destination mais je viens de là-bas et c'était une super initiative de la part du festival Acces(s). J'ai découvert les gars de Modeselektor ce soir là, cool dudes ! Cette année, je vote pour Les Nuits Sonores avec Elroy, Neopen et Pierre Vanni aux visus, la grande classe.
Impossible d’oublier la dernière fête de la musique en Roumanie où je me suis retrouvé dans un club roumain façon MTV The Grind; ambiance meufs en string sur podiums, vodka russe et mafia qui va avec. J’ai eu un peu la pression sur ce coup là, les gars du staff te prennent par l'épaule en te disant : « good music tonight han ? ». En plus, juste avant moi un mec jouait façon Ibiza ! C’était à quitte ou double. Finalement les gens ont sauté partout dès le deuxième track, j'ai pu boire de la vodka tranquillement. (rires)
Quels sont tes projets à court/moyen terme ?
Un album en préparation, quelques featuring, des tracks pour Bisou GTI avec un EP au bout je l’espère et puis le mot d’ordre : tourner, tourner, tourner...

Auteur : @FrancoisChe
Photos : Mamzelle et Maviou

myspace.com/humanleft

Humanleft - Radio Raheem EP - Left Records
Son track Got Beatz est présent sur la compilation LAPTOP, éditée par Street Tease Magazine.